mardi 18 juin 2013

«La honte empêche les parents de porter plainte»

par Abdoulaye Penda Ndiaye - Entre 9 et 14% des violences domestiques sont exercés sur les parents. Mais malgré leur détresse, ils gardent souvent le silence et préfèrent laver leur linge sale en famille.Seize mois de prison pour un jeune de 19 ans qui avait menacé de mort et frappé sa mère. Tel est le verdict prononcé lundi par le Tribunal d’arrondissement de Zurich. Selon une association alémanique pour parents en dé­tresse, 226 cas de violences d’enfants ont été recensés en 2012.
Qu’en est-il de la Suisse romande? Difficile d’articuler des chiffres. Selon diverses études, le phénomène représente entre 9 et 14% des violences domestiques. Des conflits où l’enfant porte le chapeau du tyran domestique.

Tabassés par leur fils de 14 ans
«J’ai eu affaire à des parents tabassés par leur fils de 14 ans. Ils ont voulu réagir alors que, dans un accès de rage, leur fils adolescent cassait tout dans sa chambre», témoigne un médecin vaudois. Toutefois, pour cause de linge sale lavé en famille, ces affaires s’ébruitent rarement. «Souvent, les parents ne portent pas plainte car ils ont honte», s’accordent juristes et psychologues.

Président du Tribunal des mineurs du canton de Vaud, Alain Meister admet que «quelques cas de voies de faits parviennent à la justice». Directrice scientifique du centre de psychothérapie à l’Université de Fribourg, Annette Cina cons­tate une inversion de l’ordre hiérarchique. «Les parents n’ont plus d’autorité sur leurs enfants qui, eux, ne les respectent plus.»

«Pauvre connasse», dit-elle à sa mère
La violence n’est qu’un pan de cette maltraitance: «J’ai entendu une adolescente traiter sa mère de «pauvre connasse». Quand la relation dysfonctionne, on atteint une forme de non-considération, voire de mépris», explique quant à elle Danièle Laot Rapp, coach à Ecublens (VD).

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