«On ne peut pas choisir dans la globalisation ce qui nous plaît et ce qui ne nous plaît pas», estime Michel Duclos dans un entretien à l'ats. Cela est valable en matière d'échange d'informations, mais aussi dans les discussions en cours entre la Suisse et l'Union européenne sur la fiscalité des entreprises, a-t-il précisé.
Jeudi, en marge de la réunion ministérielle de l'OCDE à Paris, le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann a affirmé que la Suisse entendait garder «toutes les pistes ouvertes» en matière fiscale. Berne a décidé de ne pas signer dans l'immédiat l'accord d'entraide administrative de l'OCDE, contrairement à des pays comme l'Autriche, le Luxembourg ou Singapour.
Relations soignées
En poste à Berne depuis juillet dernier, Michel Duclos a tenu à minimiser les «tensions» entre la Suisse et la France. Les relations franco-suisses sont «très intenses et très positives» et elles couvrent «toutes les dimensions» possibles, a-t-il relevé.
Et de rappeler qu'au moins cinq conseillers fédéraux ont rencontré leurs homologues français cette année, certains plusieurs fois. «Il n'y a pas beaucoup de pays avec lesquels nous avons une telle densité de contacts de haut niveau», souligne le diplomate, sans exclure une visite du président français François Hollande en Suisse.
«Impérialisme français» critiqué
Toutefois, si «les fondamentaux sont excellents, l'atmosphère peut être améliorée», affirme-t-il, constatant parfois un manque de «considération» de part et d'autre. A ses yeux, les Suisses - surtout les Romands - sont plus critiques à l'égard de leurs voisins que l'inverse.
Dans certains secteurs de l'opinion publique helvétique, la convention sur les successions est ainsi devenue un «épouvantail synonyme de l'impérialisme» français. Or «cela fait deux ans que l'on discute d'un texte avec la volonté de trouver la meilleure solution», affirme M. Duclos.
Selon lui, Paris n'a pas «résilié» cette convention de 1953, comme on le dit parfois en Suisse, mais a indiqué à l'été 2011 à Berne qu'il souhaitait s'en retirer, car elle ne correspond plus au droit réel. C'est la Suisse qui a voulu la renégocier, pour éviter un vide juridique.
La France a ensuite accepté de rouvrir les discussions suite aux critiques suisses sur le texte paraphé par les deux pays en juillet 2012. On en est aujourd'hui à la finalisation du nouveau texte, précise l'ambassadeur.
Pas sur une liste noire
De la même manière, Michel Duclos souligne le fait que la Suisse ne figure pas sur une «liste noire» des paradis fiscaux français. L'annonce faite cette semaine d'inscrire 17 pays, dont la Suisse, sur une «liste noire» de l'Agence française de développement (AFD) n'est qu'une «mesure technique» qui n'engage pas le gouvernement français, assure-t-il.
«La seule liste officielle, c'est celle de Bercy», siège du ministère de l'Economie et des Finances, et «rien ne permet de dire que la Suisse sera mise en cause» lorsque cette liste, qui contient actuellement huit noms, sera actualisée.
Pas de pressions européennes
Dans le domaine européen, M. Duclos nuance l'idée que Bruxelles exerce des «pressions» sur la Suisse. Dans les négociations en cours sur les questions institutionnelles comme en matière de fiscalité des entreprises, «les conditions se mettent progressivement en place pour dégager des solutions communes».
Les discussions, auxquelles la France apporte son soutien, durent déjà depuis des années. «Cela signifie que nous ne sommes pas si pressants que cela», sourit l'ambassadeur.
0 comments:
Enregistrer un commentaire