Les défis qui attendent la Suisse évoqués
Il n'est pas question de céder sur l'idée d'une reprise automatique du droit européen: «Il n'y aura pas d'automatisme, sous quelque forme que ce soit. Pour nous, c«est ce qui s«appelle une politique européenne souveraine, dans le véritable sens du terme», a insisté le conseiller fédéral PLR.
Pression internationale
En matière de politique européenne, le chef du département fédéral de l'intérieur Alain Berset a préconisé le «pragmatisme dans notre propre intérêt». L'UE constitue «de loin notre partenaire le plus important». L'Europe est en plus notre «patrie culturelle».
Le pragmatisme doit également être de mise dans les questions touchant la place financière suisse et son repositionnement dans le contexte de nouvelles normes internationales, comme l'échange d'informations. Le socialiste, qui a rencontré les citoyens à Moudon (VD) et à Stansstad (NW), a toutefois dit comprendre que la Suisse se sente «mise sous pression».
Ce sont précisément ces «attaques répétées» de certains grands pays et de quelques organisations internationales qui inquiètent le président de la Confédération Ueli Maurer. Dans son discours prononcé dans neuf localités aux quatre coins de la Suisse et dans son allocution radio-télévisée, le ministre UDC a exhorté le peuple à ne jamais renoncer ni à la liberté ni à l'indépendance face à ces pressions.
Métaphore biblique
Comme le berger David devant le géant Goliath, la Suisse ne doit pas se laisser impressionner par la taille de son adversaire, estime-t-il, citant cet épisode de la Bible. Si elle ne cède pas, elle continuera à être prospère. En revanche, «plus nous ferons de concessions, plus les prochaines exigences seront fortes».
Comme souvent dans ses allocutions, le Zurichois s'est référé au Pacte fédéral de 1291, qui proclame «que nous ne voulons pas de juges étrangers». Ses déclarations interviennent alors que le Conseil fédéral vient de fixer sa nouvelle approche européenne, qui donne à la Cour de justice de l«UE un plus grand rôle dans la résolution des questions institutionnelles avec l'UE.
Place financière
Parmi les autres défis qui attendent la Suisse, Eveline Widmer-Schlumpf a cité la place financière. Ce secteur doit apprendre de ses erreurs, a-t-elle déclaré à Arch (BE).
Les changements ne présentent pas que des risques pour un pays, mais aussi des chances. «Ce n'est pas dans notre intérêt de nous faire passer toujours pour des victimes», a poursuivi la ministre PBD des finances. «Il faut nous montrer ouverts, critiques et constructifs dans les situations complexes».
Ouverture au changement
Un Etat qui a une identité forte peut se montrer ouvert au changement, a déclaré comme en écho Simonetta Sommaruga à Farvagny (FR). Il est important de se souvenir de son identité, mais celle-ci «n'est pas l'immobilisme».
L'assouplissement du secret bancaire constitue pour bon nombre de citoyens une menace susceptible de détruire l'identité helvétique. Or «une place financière qui se distingue par ses hautes compétences continuera de s'imposer dans la compétition internationale», a assuré la ministre socialiste.
De même, l'identité de la Suisse n'est pas menacée par l'arrivée de migrants. «Nous avons toujours réussi à faire vivre ensemble, en bonne intelligence, des personnes de différentes cultures, langues et traditions».
Infrastructures et football
Pour sa part, Doris Leuthard a plaidé pour le soutien de la population dans la réalisation et le financement des infrastructures importantes. Les régions isolées ne doivent pas être désavantagées, a estimé la ministre PDC des transports, qui s'exprimait à Lavizzara (TI).
Johann Schneider-Ammann s'est rendu sur la prairie du Grütli sur laquelle étaient réunis environ 1100 personnes, dont plus de 400 footballeurs. «Il faut jouer collectif sur la pelouse, mais aussi au bureau, dans les ateliers, et au quotidien», a déclaré le ministre PLR. L'esprit d'équipe se substitue aux règles inutiles, qui limitent le succès de la Suisse et l'initiative.
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