Le conseiller fédéral Alain Berset a estimé mercredi que l'initiative visant à créer une caisse nationale d'assurance maladie publique serait une évolution importante.L'initiative populaire «pour une caisse maladie publique» prévoit la création d'une institution nationale d'assurance maladie unique avec des agences cantonales qui établiront les primes et les encaisseront. Ce serait un changement très important de cap, selon le ministre de la santé Alain Berset. La gauche, les syndicats, des associations de défense des patients et de consommateurs ont lancé l'initiative pour mettre fin à ce qu'ils estiment une fausse concurrence entre les 62 caisses privées actuelles. Ils estiment entre autres que les frais administratifs pourraient être nettement réduits.
Le Conseil fédéral ne partage pas cet avis. Les frais administratifs ne représentent actuellement que 5% des coûts, a noté Alain Berset. La concurrence fonctionne et présente des avantages, a-t-il poursuivi. Et de justifier le contre-projet parce qu'il y a un «vrai potentiel d'amélioration».
Les initiants et santésuisse contre le contre-projet
Le contre-projet présenté mercredi par le Conseil fédéral ne satisfait ni les initiants pour une caisse publique ni santésuisse. Il est «au mieux un second choix» pour les premiers, tandis que les seconds estiment qu'il va renchérir l'assurance-maladie.
Les initiants saluent la volonté du Conseil fédéral de légiférer dans le domaine. Ils sont également d'avis que ses propositions de réassurance des très hauts coûts et de séparation de l'assurance de base et de l'assurance complémentaire vont dans la bonne direction. Toutefois, ils jugent le contre-projet «décevant» et «sans conviction».
Le comité d'initiative estime que seul son texte permet d'enrayer la spirale des primes et des coûteux changements de caisse maladie par les assurés. Une caisse publique empêchera, selon eux, «une douzaine d'assureurs de s'unir contre une baisse des coûts et de continuer de dépenser des sommes exorbitantes en frais publicitaires.»
Assureurs clairement opposés
Les représentants des assureurs maladie ne voient dans le contre-projet du gouvernement «pas une seule mesure positive qui ne soit déjà en délibération au Parlement.» Santésuisse rejette avec force la proposition de «réassurance» qui ne serait qu'une «caisse unique partielle».
La séparation de l'assurance de base et de l'assurance complémentaire ne trouve pas non plus grâce aux yeux des assureurs. Cette mesure n'engendre qu'un «dédoublement de l'administration, donc un renchérissement des deux domaines d'assurance.»
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