samedi 15 juin 2013

«Le Burger King empeste»

Des locataires résidant à côté du nouveau fast-food de Lausanne sont excédés par les odeurs de friture. L’enseigne a pour slogan «Le goût est roi». Mais depuis l’ouverture en mai du très attendu Burger King à Lausanne, ce sont plutôt les mauvaises odeurs de friture et de bœuf grillé qui s’imposent. Les locataires de trois immeubles avoisinants vivent d’ailleurs un vrai calvaire. «Ça empeste dans tout mon appartement, je ne peux plus ouvrir les fenêtres», se plaint Michelle Ochem, écœurée par la puanteur.

Cette habitante qui a élu domicile en 1996 dans son charmant appartement lâche, catégorique: «Je ne signerais plus pour un tel bien immobilier aujourd’hui.» Elle et une vingtaine de résidents très remontés ont signé une pétition. «Nous souhaitons faire pression sur la gérance, explique Yves Gasser, à l’origine de la circulaire. Nous n’avons pas été informés, personne ne savait rien.»

Enorme système de ventilation

A leur grande surprise, un énorme système de ventilation a pris place au milieu d’une cour intérieure. «On y appréciait le calme et l’air frais, mais depuis, on subit le bruit incessant du ventilateur et les effluves de friture aux heures de pointe», ajoute Yves Gasser. Les locataires se posent aussi des questions sur la bonne marche de la mise à l’enquête et la légalité de l’installation.

Le fast-food a non seulement repris les plans d’une mise à l’enquête d’un précédent projet de 2010, finalement avorté, mais en plus «l’installation de la ventilation n’est effectivement pas conforme aux plans, reconnaît Olivier Français, municipal en charge des Travaux. Mais un architecte a résolu le problème il y a quelques jours.» Il n’empêche que les odeurs persistent. «Vu comme ils ont recouvert le tube d’aération, le vent d’ouest ramène tout de même les odeurs dans l’appartement», insiste Michelle Ochem.

Victime de son succès

Le gérant du Burger King de Lausanne se dit prêt à «trouver des solutions, mais tout est conforme maintenant. Nous ne sommes pas des gros milliardaires américains qui voulons nous imposer au voisinage. Je suis franchisé et prêt au dialogue. C’est vrai que dès le départ, on a été surpris par l’engouement.» Même son de cloche de la régie Domicim, propriétaire des locaux: «L’exploitant a organisé une action spéciale d’ouverture qui a effectivement généré un surcroît d’activité et quelques gênes.» La police du bruit et le service de l’hygiène ont prévu des prochains contrôles. Si les normes ne sont pas respectées, le fast-food risquerait une mise en demeure du bail, voir qu’on lui «retire l’autorisation d’exploitation du commerce», prévient Olivier Français.

  (Le Matin)

Créé: 15.06.2013, 11h31

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