Depuis mardi, cinq hommes sont morts de noyade en Suisse. Chaque année ce type d'accident tue en moyenne 47 personnes. Les hommes jeunes sont particulièrement touchés. L'eau est source de vie, mais elle peut aussi entrainer la mort. En Suisse, depuis 2000, 47 personnes en moyenne sont mortes chaque année de noyade. Si en comparaison internationale ce taux est très faible, la noyade représente la deuxième cause de mortalité par accident chez les moins de seize ans. Et la baignade peut rapidement s'avérer dangereuse. Depuis mardi, trois jeunes âgées de 16, 17 et 18 ans ainsi que deux hommes sont décédés dans des rivières ou des lacs de Suisse. Des événements tragiques qui viennent confirmer les statistiques et ne constituent malheureusement pas une exception.
Le danger des lacs et rivières
«Les hommes représentent 80% des noyés et le groupe entre 15 et 24 ans est particulièrement touché», relève Christoph Müller, responsable du programme aquatique au Bureau de prévention des accidents (bpa). Alors que les hommes sont moins nombreux que les femmes à pratiquer des activités aquatiques, «ils sont plus touchés, car ils prennent plus de risques et sont moins prudents que les femmes. On remarque cela depuis l'enfance», note Prisca Wolfensberger, porte-parole de la Société suisse de sauvetage (SSS).
Les lacs ou les rivières qui se révèlent parfois capricieux, représentent également des eaux dangereuses pour la baignade. Selon les statistiques de la Société suisse de sauvetage, plus de 80% des accidents se déroulent dans leurs flots. Un courant violent, la surestimation de ses forces ou une méconnaissance du lieu, sont autant de facteurs qui peuvent engendrer des accidents. Tout comme la consommation d'alcool avant de goûter aux joies de la baignade. «Nous n'avons pas accès aux rapports d'autopsie, nous ne savons donc pas exactement quel est la proportion de noyades dans lesquelles l'alcool a joué un rôle, mais on estime qu'il a un impact sur le nombre de décès élevé chez les jeunes hommes», note Christoph Müller.
Les cours de natation pas obligatoires
Les étés chauds rendent également les noyades plus fréquentes. «En 2003, nous avons remarqué un pic (ndlr: 76 personnes noyées). Plus les températures montent et restent longtemps élevées, plus les gens se baignent, ce qui augmente les accidents», explique Christoph Müller.
L'apprentissage de la natation à l'école n'étant pas obligatoire, l'introduction de cours au niveau scolaire permettrait-elle de mieux prévenir les noyades? «Dès 5-6 ans, il est important que les enfants apprennent à nager à l'école, car ils ne le font pas forcément dans un contexte extrascolaire. Il est notamment essentiel de sensibiliser les familles de migrants qui viennent de pays où on n'apprend pas à nager», remarque Prisca Wolfensberger. La SSS a d'ailleurs entrepris en 2008 une pétition pour rendre les cours de natation obligatoire. Cette dernière n'a pas abouti, mais certains cantons, comme Berne, ont toutefois choisi de ce plier à cette recommandation.
Pour le bpa, les cours de natation obligatoires ne sont pourtant pas la clé de la prévention. «La plupart des gens qui se noient savent nager», souligne Christoph Müller. Le bpa préfère encourager le contrôle de sécurité aquatique (CSA) qui enseigne aux enfants la manière de réagir en cas de chute dans l'eau. Plusieurs cantons, comme Zoug, Saint-Gall et Berne ont déjà édicté une directive pour faire passer ce test à tous les enfants en âge primaire. Et ainsi limiter la panique qui peut s'avérer fatale. (Newsnet)
Créé: 21.06.2013, 09h03
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