mercredi 5 décembre 2012

Le Zurichois Ueli Maurer amène l'aile dure de l'UDC à la présidence

05.12.2012 10:22
Ueli Maurer et Eveline Widmer-Schlumpf le 3 décembre 2012 juste avant la passation de pouvoir à la tête de la Confédération. [Alessandro della Valle - Keystone]
Ueli Maurer et Eveline Widmer-Schlumpf le 3 décembre 2012 juste avant la passation de pouvoir à la tête de la Confédération. [Alessandro della Valle - Keystone]
  • Ueli Maurer et Eveline Widmer-Schlumpf le 3 décembre 2012 juste avant la passation de pouvoir à la tête de la Confédération. [Alessandro della Valle - Keystone]
  • Les conseillers fédéraux Ueli Maurer et Didier Burkhalter entourent majestueusement le secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen lors d'une visite à Kehrsatz (BE) le 22 novembre 2012. [Marcel Bieri - Keystone]
  • Ueli Maurer avec ses six collègues et la chancelière prennent la pose avec des Saint-Bernard à Sankt Antoenien (GR) le 6 juillet 2012. [Walter Bieri - Keystone]
  • Ueli Maurer en visite à la caserne de Thoune (BE) le 28 août 2012, alors qu'il est très contesté pour le choix des nouveaux avions de combat de l'armée. [Peter Schneider - Keystone]
  • Le 8 août 2012, le ministre des Sports félicite le cavalier jurassien Steve Guerdat, champion olympique de saut d'obstacles à Londres. [Laurent Gillieron - Keystone]
  • Un Ueli Maurer bien rêveur dans une ferme zurichoise lors des festivités du 1er Août 2012 à Uetikon am See (ZH). [Walter Bieri - Keystone]
  • Ueli Maurer s'exprime devant les médias à la caserne de Jassbach, au-dessus de Thoune, le 14 mai 2012. [Keystone]
  • Le 28 décembre 2010, le chef des armées teste son matériel à Adelboden (BE). [Peter Klaunzer - Keystone]
  • Le major Maurer s'essaie au tir le 6 juin 2010 à Tavel (FR). [Pascal Lauener - Reuters]
  • Le nouvel élu au Conseil fédéral reçoit les clés du ministère de la Défense des mains de son prédécesseur Samuel Schmid le 29 décembre 2008. [Peter Schneider - Keystone]
  • Le jour de la prestation de serment en tant que conseiller fédéral, le 10 décembre 2008. [Stefan Wermuth - Keystone]
  • Le Zurichois au téléphone avant une session de Conseil national, le 2 décembre 2008. [Lukas Lehmann - Keystone]
  • Les leaders de l'UDC Christoph Blocher, Ueli Maurer et Toni Brunner fêtent l'élection du premier au Conseil fédéral, le 11 janvier 2008. [Alessandro Della Bella - Keystone]
  • L'UDC avant une réunion des délégués de son parti à Dietikon (ZH) le 29 novembre 2008. [Alessandro Della Bella - Keystone]
  • Méditation à l'Aelggi Alp, le point central de la Suisse, le 13 septembre 2003. [Sigi Tischler - Keystone]
  • Le président de l'UDC en toute discrétion lors de l'assemblée des délégués de Sursee (LU) le 18 septembre 1999. [Sigi Tischler - Keystone]
  • Avec le conseiller fédéral Adolf Ogi le 23 août 1997 à Vevey (VD). [Fabrice Coffrini - Keystone]
  • Le Zurichois en tenue militaire le 17 novembre 1996 à Frauenfeld (TG). [Str]

Leader de l'UDC depuis de nombreuses années avec Christoph Blocher, Ueli Maurer est élu à un poste que son collègue zurichois n'a jamais atteint, la présidence de la Confédération. Surtout parce qu'il a été plus discret en tant que conseiller fédéral.

Pour la première fois, un représentant de l'aile dure de l'UDC accède à la présidence de la Confédération, en l'occurrence le ministre de la Défense Ueli Maurer, qui est âgé de 62 ans.

Le score relativement moyen du Zurichois lors du scrutin (148 voix) prouve que sa popularité n'est pas au plus fort, tant au sein de la population que chez les parlementaires, essentiellement romands. Il faut dire que l'élu UDC "traîne" quelques dossiers lourds dans ses bagages, comme l'achat des Gripen, les vols de données au Service de renseignement et un rapport sur l'armée controversé.

Succès à la présidence du parti

Né le 1er décembre 1950 à Wetzikon, Ueli Maurer est le fils d'un agriculteur pauvre de l'Oberland zurichois. Diplômé en comptabilité, le Zurichois a obtenu son premier mandat politique en entrant au gouvernement communal de Hinwil en 1978, poste qu'il a occupé 8 ans. En 1983, il entre au Parlement cantonal zurichois.

L'année 1991 est un tournant pour Ueli Maurer. Il est d'un part battu pour l'élection au gouvernement cantonal par un certain Moritz Leuenberger et il accède peu après au Conseil national. Souvent vu comme un lieutenant sans personnalité de Christoph Blocher, il conquiert toutefois la présidence de l'UDC en 1996. Et c'est sous sa direction que le parti s'établit fermement en Suisse romande et devient la première formation du pays. Aux yeux des experts, le populisme et les déclarations chocs du président de l'UDC compensent son manque de charisme.

En 2008, un an après la non-réélection de Christoph Blocher au Conseil fédéral, le groupe parlementaire choisit Ueli Maurer et Christoph Blocher comme candidats pour succéder à Samuel Schmid au Conseil fédéral. Si Blocher est vite écarté par les parlementaires, Maurer est choisi, le 10 décembre 2008, par l'Assemblée fédérale pour devenir ministre. Il est élu au terme du troisième tour de scrutin par 122 voix contre 121 à son collègue de parti Hansjörg Walter, qui était soutenu par certains même s'il avait assuré qu'il refuserait une élection.

Contesté à la Défense

Plutôt discret depuis son arrivée à la tête du département de la Défense, Ueli Maurer est toutefois contesté, surtout par les Romands. On lui reproche notamment ses lacunes en français et le peu de Romands dans son entourage. De plus, ses actions à la tête de la Défense, avec un vol de données au sein du Service de renseignement de la Confédération, un rapport militaire plusieurs fois recalé et surtout un achat de nouveaux avions de combat qui fait polémique, ont aussi été très discutées.

Officiellement, le Zurichois soutient la position du Conseil fédéral et veut des Gripen suédois, alors que son parti aurait certainement préféré mieux et plus cher. Et il prône, au grand dam de la droite, la création d'un fonds pour financer les jets, ce qui permettra au peuple de se prononcer.

Ses explications sur les nombreuses questions entourant le dossier surviennent souvent après coup, et sont rarement limpides. Le ministre de la Défense a même admis ne pas être au courant de rapports très critiques contre le Gripen et publiés par la presse, avant de se rétracter.

Frédéric Boillat



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