Celle-ci a piégé la semaine dernière l’hôpital qui hébergeait Kate Middleton. En se faisant passer pour la reine Elizabeth II et le prince Charles, deux animateurs ont réussi à soutirer des informations sur la santé de la duchesse à une infirmière.
Cette plaisanterie a depuis tourné au vinaigre. L’infirmière qui a transmis l’appel à l’une de ses collègues s’est pendue non loin de l’hôpital. Si le canular n’est peut-être pas la seule cause de son suicide, le mal est fait: les deux animateurs et leur radio sont tombés en disgrâce auprès du public. En particulier auprès des Britanniques.
La radio, elle, est aujourd'hui sous les feux d’une enquête de l'Autorité australienne des médias. Elle risque une annulation ou des restrictions de sa licence de diffusion. Voire une amende.
De leur côté, les animateurs jurent avoir tenté en vain de contacter à cinq reprises l’hôpital pour lui demander une autorisation de diffusion. Un fait totalement démenti par l'hôpital. Quelles sont les règles de déontologie qui s’appliquent dans un pareil cas de figure? Un humoriste peut-il les outrepasser sous le couvert de la plaisanterie ? Président du Conseil suisse de la presse, Dominique von Burg répond.
Le Matin: Quelles règles déontologiques s’appliquent dans un tel canular?
Dominique von Burg: Les règles fondamentales d’un billet d’humour ou d’une émission satyrique sont les mêmes que dans une enquête journalistique traditionnelle. On a le droit d’exagérer dans le cadre de l’humour, mais pas de travestir les faits. L’enquête menée ici par les deux animateurs est clairement déloyale car la règle déontologique veut que le journaliste s’annonce en tant que journaliste à son interlocuteur. Sauf lorsqu’il n’a pas d’autre manière d’obtenir une information. Cette information doit toutefois être d’intérêt public... qui n’est pas à confondre ici avec la curiosité du public. Et même Madame Middelton a le droit à ce que l’on ne raconte pas tout de sa vie privée.
Les animateurs radio d’une émission humoristique sont-ils soumis aux mêmes règles de travail que les journalistes?
Oui, lorsqu'ils recherchent une information qui sera diffusée comme telle. Dans ce cas, ils agissent en tant que journalistes. On n’est plus ici dans le récréatif.
Quelles sont les précautions à prendre lorsqu’une radio ou une télévision diffusent en direct un canular ? Et en différé?
Pour autant que je sache, tous ces formats de caméra cachée ne se diffusent pas sans l’accord de la personne piégée. Le degré de moquerie entre aussi en ligne de compte.
Quel est votre regard personnel sur cette affaire?
Je trouve la démarche des animateurs méprisable et dangereuse. Mais cela ne me surprend pas, car on a l’impression qu’il se fait de plus en plus tout et n’importe quoi. Les règles de déontologie restent pourtant primordiales, car le métier de journaliste est basée sur la confiance. Et si celle-ci disparaît, plus personne ne souhaitera parler à un journaliste.
(Newsnet)
Créé: 13.12.2012, 16h34
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