Le choix de la date joue aussi un rôle essentiel pour les associations d'aide ou organisations d'utilité publique: de nombreuses personnes accomplissent des dons à la fin de l'année en fonction de ce que permet encore leur budget. Les appels à la générosité se renforcent donc sous forme de lettres, de courrier électronique ou de magazines.
Une enquête de l'ATS montre que des associations comme La Déclaration de Berne (DB), l'Aide suisse aux montagnards, Caritas ou Pain pour le prochain obtiennent 20 à 25% de leurs dons en décembre. Chez Aide suisse contre le sida, on relève aussi une hausse d'un quart, expliquée en partie par la Journée mondiale de lutte contre le sida fixée au 1er décembre, précise Angela Hartmann, membre de la direction.
Terre des Hommes, Helvetas et la Fédération suisse des aveugles et malvoyants disposent également en décembre de soutiens nettement supérieurs que durant le reste de l'année. Ils rassemblent jusqu'à 15% de leurs dons annuels. Cette proportion oscille entre 5 et 9% chez le WWF, la Ligue contre le cancer ou Pro Natura.
Chez le WWF, le printemps rapporte davantage que la période de l'Avent. La majorité des revenus provient des versements de membres effectués à cette période, explique le porte-parole Fredi Lüthin.
Année 2012 moyenne
Dans son ensemble, 2012 devrait rester une année moyenne. La moitié des treize organisations interrogées compte, après une première estimation, sur un total de donation stable. Terre des Hommes et la Ligue contre le cancer prévoient une légère baisse. DB, Swissaid, Caritas et Helvetas espèrent une hausse nette de 5 à 12%.
En 2011, les Suisses ont fait don de 1,616 milliard de francs à des fins charitables, selon les statistiques de la fondation Zewo, le Service suisse de certification pour les organisations d'utilité publique qui récoltent des dons. Les chiffres pour 2012 seront connus en janvier 2013. Zewo mise à nouveau sur un total stable.
L'impact concret de la conjoncture sur les opérations de charité est difficile à évaluer. «Des situations économiques incertaines conduisent à un recul des dons», affirme Ivo Torelli, responsable communication auprès de l'Aide suisse aux montagnards. «Par contre, nous observons des hausses lorsque l'économie va clairement mal ou clairement bien.»
Aussi des réactions anticycliques
Chez Caritas, les dons «réagissent de manière anticyclique à la conjoncture». Selon le chef communication Odilo Noti, la solidarité avec des personnes en détresse aurait plutôt tendance à croître en période de crise. La Ligue contre le cancer enregistre, elle, les premiers effets négatifs de la situation économique. Il devient avant tout très difficile de trouver de nouveaux donateurs.
Les répercussions les plus fortes proviennent des donateurs institutionnels, observe pour sa part l'Aide suisse contre le sida. Les fondations ont moins de fonds à disposition et les entreprises diminuent ou éliminent leur engagement social, note Angela Hartmann.
En revanche, la situation économique n'influence pas les fonds de la Déclaration de Berne. La population intéressée aux questions de développement continue de croître, explique Susanne Rudolf, responsable du fundraising. «Aussi longtemps que des sujets comme la responsabilité des entreprises, la production durable ou les relations commerciales équitables gagnent en importance, nous grandissons également.»
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