Comme en 2008 à l’occasion de couronnement de Whitney Toyloy à Miss Suisse, c’est d’abord le parti ultra-nationaliste PNOS qui est monté au front dimanche, par l’intermédiaire de son responsable romand Philippe Brennenstuhl, toujours très remonté contre le «mondialisme». Des réactions ont ensuite suivi jusque sur divers blogs en Suisse et même sur celui d’un sympathisant du Front National, en France.
«J’y étais préparé, confie Ulysse, avec le temps on se crée une certaine carapace.» Né à Genève, Suisse de cœur et de papiers, il explique répondre régulièrement à la question de ses «origines», parfois au prix d’une certaine lassitude. «Quand on me demande d’où je viens, je dis que je viens de Genève. Ce sont mes parents qui viennent du Bénin.» Et de préciser qu’il a déjà voulu avertir dimanche Souheila que tous deux devraient se serrer les coudes face à des réflexions graveleuses à venir: «C’est un peu comme une petite sœur pour moi.»
«Les gens qui font des commentaires du genre sur des blogs sont dans un autre monde, qu’ils y restent», réagit pour sa part Enzo Lo Bue, directeur du concours. «Je comprends que certaines personnes puissent dire ce genre de choses au bistrot, mais elles parleraient autrement après avoir passé une heure avec nos vainqueurs, j’en suis sûr.» Il ajoute que les seuls critères pour concourir pour le titre Miss ou Mister Suisse romande concernent l’âge, la taille et la possession de la nationalité suisse ou d’un permis C. «Ne vouloir que des gagnants «suisses de souche» est donc absurde dès le départ.» Il précise cependant que, tout comme Ulysse, Souheila est en possession d’un passeport suisse, et que la belle maîtrise même le suisse allemand.
«Ces discours sur les origines sous-entendent que les vainqueurs auraient été élus en raison de leur couleur de peau, c’est malsain», conclut Philippe Kenel, président de la ligue antiraciste LICRA. «Cette année, ce sont ces deux personnes qui ont été choisies, peut-être que l’année prochaine, ce seront des blonds. Nous n’y verrons pas de problème. Cela s’appelle l’égalité des chances. C’est ce pour quoi nous nous battons.» (Le Matin)
Créé: 17.12.2012, 17h23
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