mercredi 12 décembre 2012

Sac taxé: où va l'argent?

Mis en vente lundi dans la plupart des communes vaudoises, le sac-poubelle obligatoire coûte 20 fois plus cher. Le coordinateur vaudois du système de taxation au sac, Jean-Daniel Luthi, est formel: «Dans un an, la pratique sera dans les mœurs.»

Vingt francs le rouleau. C’est la somme que la majorité des Vaudois vont désormais devoir débourser pour acquérir un emballage de dix sacs-poubelle de taille standard (35 l). Soit 15 à 20 fois plus que les sacs ordinaires noirs. Un prix quasi identique à ceux déjà vendus dans les communes romandes (cantons de Fribourg, Jura et Neuchâtel) qui ont choisi le système de la taxe au sac pour appliquer le principe de pollueur-payeur aux ordures ménagères.

Les Vaudois concernés n’ont pas attendu le 1er janvier prochain (date de l’entrée en vigueur de la loi cantonale sur la gestion des déchets) pour faire le plein de sacs en plastique blancs. Pour sa première journée de mise en vente, lundi, Coop a écoulé plus de 1000 rouleaux surtaxés dans ses points de vente. «Nous nous attendons à de fortes ventes ces prochains jours», prévoit Gilbert Béguin, membre de la direction romande du groupe.

Une aubaine pour la grande distribution et les guichets postaux, principaux revendeurs du précieux sac? Pas vraiment. «La marge commerciale est très faible (4%), nous avons serré au maximum», explique Jean-Daniel Luthi, coordinateur vaudois du système régional de taxation au sac. Une marge similaire à celle qui a été négociée dans les autres cantons «recycleurs», soit six à huit fois inférieure que pour un sac conventionnel. Le producteur, l’entreprise de films d’emballage industriels Petroplast – qui détient 75% du marché national des sacs taxés –, encaisse, lui, 8% du prix. Si l’on soustrait encore les 8% de TVA, il reste les 80% du montant, qui reviennent aux communes. «L’entier de l’argent est utilisé pour l’incinération des déchets», assure Jean-Daniel Luthi, qui précise que les administrations locales n’ont pas le droit d’en tirer profit. Si une commune constate des rentrées excédentaires par rapport aux coûts de fonctionnement du service, elle rendra l’argent à ses administrés en abaissant la taxe forfaitaire de voirie.

Rétrocession de la taxe

Afin de préserver le pouvoir d’achat des Vaudois, certaines communes ont ou vont baisser leurs impôts. Mais pas toutes. «Certaines, comme la ville de Lausanne, ont prévu une rétrocession de la taxe via la facture d’électricité. D’autres, comme Morges, offriront des compensations sous la forme de bons de transport», illustre le coordinateur vaudois. «Nous demandons à ce que le système soit le plus équitable pour le consommateur», réagit pour sa part Aline Clerc, spécialiste de l’environnement à la Fédération romande des consommateurs (FRC), qui précise que l’organisation n’a jamais pris position sur la question de la taxe au sac, compte tenu des positions très divergentes à l’interne. «En permettant par exemple l’achat de sacs à l’unité pour les personnes en situation précaire, ou en fournissant des langes pour les enfants ou personnes âgées. Mais c’est au bon vouloir des communes.» La FRC est également attentive à ce que les grandes surfaces concernées mettent à disposition des infrastructures de tri dans leurs succursales, «plutôt que proposer des rabais sur les sacs qui seront bientôt inutilisables». (Le Matin)

Créé: 12.12.2012, 11h01

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