lundi 21 janvier 2013

«Certains cantons feront de l’hébergement, d’autres du renvoi!»

La ministre en charge de l’asile, la socialiste Simonetta Sommaruga, a présenté la restructuration du domaine de l’asile. Dès le départ, la Confédération implique les cantons. Que doit-on retenir de cette journée de négociations entre les cantons et la Confédération dans le domaine de l’asile?

Simonetta Sommaruga: L’essentiel est que cantons, Confédération, communes et villes se sont mis autour d’une table. Il s’en est dégagé, à l’unanimité, un consensus sur la manière dont on doit régler dans le futur l’asile. Concrètement, d’un côté on va raccourcir la durée des procédures, et de l’autre, on garantit des conditions juridiques irréprochables afin de traiter les cas au mieux.

Répartir les tâches entre les cantons. Décider des emplacements des centres. Construire le mécanisme de compensations entre les cantons. Vous voulez régler tout cela dans le délai d’une année. Ambitieux?

Après cette journée, je suis convaincu de l’engagement des cantons et de la Confédération. Nous sommes tous d’accord pour considérer que chaque acteur du domaine de l’asile a des responsabilités. Et surtout chacun veut prendre ses responsabilités. Dans le futur, tous les cantons ne feront pas la même chose que les autres.

C'est-à-dire?

Certains cantons, par exemple, feront de l’hébergement. D’autres seront plus actifs dans les renvois – car ils ont un aéroport sur leur territoire par exemple. Et certains cantons se sont déjà dits ouverts à l’idée d’accueillir un centre pour requérants récalcitrants.

Quel est votre objectif en impliquant dès le départ les cantons, avant même une discussion au Parlement?

Comment peut-on raccourcir la durée des procédures d’asile? Comment garantir la sécurité juridique de la procédure? Cette double demande émane à la fois du parlement et du Conseil fédéral. Les partis politiques également partagent ce souhait. L’asile concerne en premier chef les cantons, les communes et les villes: aussi la Confédération ne voulait pas prendre le leadership toute seule.

Si tout se passe comme présenté aujourd’hui, le parlement n’aura plus grand-chose à dire?

Le fédéralisme implique le travail en commun. Si Confédération, cantons, communes et villes trouvent des accords, ce n’est que du positif pour le parlement. Il n’aura pas à trancher sur des projets et des variantes. Notre but à tous est d’améliorer la procédure. Le résultat final sera aussi profitable aux requérants qui n’auront plus des années d’attente pour savoir s’ils peuvent rester ou non en Suisse. Et on évitera aussi aux cantons, ces expulsions hautement difficiles de gens installés depuis des années. (Newsnet)

Créé: 21.01.2013, 19h09

0 comments:

Enregistrer un commentaire