mardi 8 janvier 2013

La bataille sur l'ouverture des shops a commencé

La gauche, les syndicats, des médecins et les Églises s'opposent à toute extension de l'ouverture des magasins pendant la nuit ou le dimanche. Ils ont de bonnes chances de l'emporter devant le peuple contre le Parlement. La hache de guerre est déterrée. Main dans la main, le PS, les syndicats, des médecins et les Eglises ont lancé ce matin à Berne le référendum contre toute extension des horaires d'ouverture des magasins. Un référendum qui a de bonnes chances d'aboutir et surtout d'être accepté par la population.

En fait, il ne s'agit pas vraiment d'une extension des horaires d'ouverture des magasins. La nouvelle loi, dont l'initiateur est le le conseiller national Christian Lüscher (PLR/GE), demande que les stations-service puissent vendre entre 1 heure et 5 heures du matin ainsi que le dimanche une gamme complète d'articles, dont des produits frais. Actuellement, les shops doivent se restreindre à vendre de l'essence et quelques articles pendant ce laps de temps.

«Nouvelles habitudes de consommation»

Cette libéralisation permettra aussi d'avoir des shops dans des stations-service «situées sur les aires d'autoroute et le long d'axes de circulation importants fortement fréquentés par les voyageurs».

Pour la majorité de droite, qui défend ce texte, il s'agit simplement d'une mesure de bon sens et d'un moyen pragmatique de s'adapter aux nouvelles habitudes de consommation des gens. Pas de quoi s'exciter donc.

«La journée de travail de 24 heures»

Les opposants, au contraire, y voient un dangereux engrenage vers une société qui tend à «la journée de travail de 24 heures». Après les shops suivront tous les commerces de détails. Les syndicats, comme Unia ou Syna, critiquent la péjoration des conditions de travail d'employés déjà mal payés. Les médecins voient la santé des employés gravement mise en cause par la hausse du travail nocturne.

Les Eglises pestent, elles, contre la fin du repos dominical qui va entraîner le stress des familles et la fin de la régénération pour l'individu. Et enfin le PS avertit que la droite a toute une série de projets de libéralisation des ouvertures des magasins dans le pipeline si la nouvelle loi sur les shops passe. Un exemple? La motion du sénateur Filippo Lombardi (PDC/TI) prône l’ouverture des magasins de 6 heure à 20 heures en semaine et de 6 heures à 19 heures le samedi, dans toute la Suisse.

Votations cantonales négatives

Dans ce bras de fer sur les stations-service, qui va l'emporter devant le peuple? Les opposants partent avec les faveurs de la cote. La raison en est simple. Ces dernières années, les propositions de libéralisation des heures d'ouverture des commerces se sont écrasées dans les cantons.

Genève, Fribourg, Jura, Saint-Gall ont déjà dit non. Zurich et Lucerne ont suivi en juin 2012. A Lucerne, il s'agissait pourtant d'une mini réforme, puisqu'il était proposé d'allonger les horaires d'une heure le samedi. Cela montre bien l'efficacité d'une campagne d'opposition qui va au-delà de l'objet lui-même pour dépeindre les conséquences futures d'une libéralisation plus large.

La dernière grande libéralisation acceptée par les Suisses remonte à 2005. C'est à cette date qu'ils ont autorisé, mais de justesse, l’ouverture des magasins le dimanche dans les gares et les aéroports.

Créé: 08.01.2013, 12h20

0 comments:

Enregistrer un commentaire