L'intervention de l'Etat étouffera un système qui fonctionne, l'a soutenue le conseiller national Filippo Leutenegger (PLR/ZH). En ville de Zurich, seules trois institutions privées ont subsisté depuis que les pouvoirs publics subventionnent les places de crèches. Cela coûte des millions à l'Etat, a accru la bureaucratie mais aussi affaibli la solidarité familiale, a dénoncé le fondateur de deux crèches.
L'initiative découragera le travail familial et bénévole, pilier important en Suisse. L'accepter serait ouvrir une boîte de Pandore qui ne pourra plus être refermée, a prévenu le libéral-radical: «Le Parlement est toujours prêt à accepter des dispositions en faveur de la famille, même si elles ne servent pas cette dernière».
Le nouvel article prévoit que la Confédération et les cantons encouragent les mesures permettant de concilier vie familiale d'une part et activité lucrative ou formation de l'autre. Il obligerait surtout les cantons à veiller à une offre suffisante en places d'accueil pour enfants. La Confédération pourrait intervenir en fixant des principes si les efforts des cantons ou de tiers sont insuffisants.
Jusqu'à 12 milliards
Cette formulation trop ouverte pourrait entraîner une extension de l'Etat social qui coûtera des milliards, s'insurge l'Union suisse de arts et métiers (USAM). Selon son directeur Hans-Ulrich Bigler, la facture pourrait aller jusqu'à 12 milliards de francs par an au détriment des contribuables.
Dès l'adoption du texte, certains revendiqueront le congé parental généralisé, donc l'introduction du congé de paternité dont la note pour 24 semaines est évaluée à 1,2 milliard par an. S'y ajouteront 7,6 milliards pour la garde exatrascolaire de tous les enfants de 5 à 15 ans ainsi que 3,2 milliards pour offrir une place de crèche à un tiers des enfants de 0 à 4 ans.
L'estimation est «assez large», a reconnu M. Bigler. Mais qui définira les critères d'intervention de la Confédération, s'est demandé Jean-Hugues Busslinger du Centre patronal.
Aux frais des contribuables
Selon lui, le transfert de pouvoirs à Berne serait d'autant plus paradoxal que la Confédération assume une part infime des coûts de garde des enfants (1,4% dans le canton de Vaud par exemple). Les contribuables devront passer à la caisse alors que cantons, communes et privés font leur travail.
«Non à un chèque en blanc pour une politique familiale hors de prix», résume le tract du comité. Ce dernier regroupe une majorité du groupe UDC aux Chambres fédérales et une poignée de parlementaires PLR. Après l'UDC samedi prochain, les libéraux-radicaux doivent arrêter leur mot d'ordre en vue de la votation le 2 février.
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