Conseiller financier et cadre important de l’appareil du PDC Vaud, François Meylan s’est engagé avec force dans la campagne du «Oui à Minder». Membre du comité d’initiative national, il assure aussi la liaison entre Thomas Minder et le comité hors parti en faveur de l’initiative «contre les rémunérations abusives».
Bouillant politicien vaudois, François Meylan a ainsi multiplié ainsi les chroniques pro-Minder dans son blog personnel, dans les colonnes de 24heures, du Temps ou encore de l’AGEFI. De quoi lui valoir quelques soucis? «Rien n’a changé depuis la crise. Le lobby financier met la pression sur les parlementaires. Avant même que les débats aient eu lieu au sein du PDC, nos élus fédéraux – les Darbellay, Schwaller, Buttet, Bischof – s’affichaient déjà sur le flyer anti-initiative Minder», constate François Meylan.
Le financement par les banques encore tabou
«Je ne peux prouver que le lobby de l’économie essaie d’acheter la démocratie, mais il utilise l’effet de levier des partis nationaux et des parlementaires fédéraux pour tenter de bloquer le texte de Minder qui dérange», analyse le secrétaire du PDC Vaud.
Pressions sur sa personne à cause de son engagement. Allusion au rôle des banques. François Meylan est-il parti en guerre contre la direction de son parti? «Absolument pas. Mais je ne supporte pas la malhonnêteté intellectuelle. Et je ne comprends pas comment un parti qui défend la famille et les classes moyennes soutient un texte qui va diamétralement dans l’autre direction. Et je pose la question: pour quelles raisons le fait-il? J’ai des indices qui me disent que ce fameux million proposé en avril 2012 par UBS aux partis politiques joue un rôle. Quelle part de ce million reviendra au PDC?» s’interroge François Meylan.
Fossé entre la base et la directions
Des affirmations fortes qui vont susciter des remous à l’interne… François Meylan en est conscient: «Je me bats pour le PDC. Pour tous ces militants de base qui sont sur le terrain tous les week-ends, pour tous ces porteurs d’eau qui travaillent bénévolement pour le parti car ils croient à certaines valeurs. Je vous rappelle que les sondages sont formels: plus de 60% des militants du PDC sont en faveur de l’initiative Minder. J’en appelle donc à la transparence et à la correction vis-à-vis de nos militants», conclut François Meylan.
Ce fossé dans les partis bourgeois qui se creuse entre les cadres nationaux et les militants de base est effectivement une des caractéristiques de cette campagne émotionnelle. Le PDC Vaud a décidé de soutenir le texte de Minder à 80% de ses voix lors de son assemblée début janvier. Tandis que les délégués du parti ont dit «non» par 207 voix contre 30.
Ce gap au sein du PDC se retrouve également à l’UDC. Ainsi la puissante section de l’UDC Zurich, comme les sections de Glaris ou du Valais romand, a décidé de soutenir le texte de Thomas Minder contre l’avis de sa figure tutélaire Christoph Blocher. C’est samedi prochain, dans le canton de Soleure, que l’UDC Suisse prendra position.
Développement suit avec la réaction de Christophe Darbellay, président du PDC Suisse (Newsnet)
Créé: 23.01.2013, 10h39
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