lundi 11 mars 2013

Le National veut 80% de «suissitude»

Un minimum de 80% de matières premières helvétiques sera nécessaire pour qu'un aliment soit estampillé «suisse». Le National s'est rallié lundi au Conseil des Etats. Le Conseil national a abandonné par 107 voix contre 80 un traitements différencié entre produits faiblement et fortement transformés.

Dans le premier cas, des produits fortement liés à l'agriculture, 80% du poids des matières premières qui les composent auraient dû être suisses. En revanche, pour les produits hautement transformés, issus de l'industrie alimentaire, le seuil aurait été abaissé à 60% (pour les matières premières et pour le coût de revient).

Trop compliqué, a critiqué la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga avec succès cette fois. La solution d'un taux de 80% appliqué à tous les produits alimentaires permettra aussi de garder la confiance des consommateurs secoués par les scandales à répétition, dont le dernier sur les lasagnes de boeuf au cheval.

Allez expliquer pourquoi le fromage est un produit faiblement transformé alors que le pain ou les cornichons le sont fortement, a lancé la ministre de la justice. Avec un régime différencié, on risque de se retrouver avec des confitures helvétiques sans fraises suisses, a-t-elle renchéri.

Macarons de Sprüngli

Une minorité composite a remis en cause les arguments de simplicité défendus par Mme Sommaruga. Car il y aura foule d'exceptions qui feront finalement descendre le taux à 40%, a critiqué Pirmin Schwander (UDC/SZ).

Les intérêts des agriculteurs ne sont pas les seuls dont il faut tenir compte, a ajouté en vain Alec von Graffenried (Verts/BE). Ce qui fait le caractère helvétique des macarons de Sprüngli, ce ne sont pas uniquement ses composants mais surtout le savoir-faire de l'entreprise et la production en Suisse.

Dans le foulée, et contre l'avis des sénateurs, le National a par ailleurs tenu, par 128 voix contre 56, à élever le seuil à 100% pour le lait et les produits laitiers.

Des exceptions seront prévues pour les produits non disponibles, comme le cacao, ou qui viendraient à manquer, comme le miel. Comme le Conseil des Etats, la Chambre du peuple a précisé que, lors du calcul du poids des matières premières, toutes celles pour lesquelles le taux d'auto-approvisionnement en Suisse est d'au moins 50% seront obligatoirement prises en considération.

Lorsque ce taux se situe entre 20 et 49,9%, les matières premières concernées ne seront prises en considération que pour moitié. Elles pourront être exclues du calcul si le taux tombe au-dessous de 20%.

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