samedi 16 mars 2013

Le premier parti de Flandre veut l'autonomie en 2014

La formation indépendantiste N-VA, a averti samedi les francophones de Belgique qu'il leur imposerait «l'autonomie totale» de la Flandre (nord) s'il remportait les législatives de mai 2014.«Si la Nouvelle alliance flamande (N-VA) devient incontournable (en français dans le texte, NDLR)» après les élections, «les partis francophones ne pourront pas faire autrement que de tenir compte de nos conclusions», a déclaré dans le quotidien néerlandophone De Standaard l'un des fondateurs de la N-VA, le ministre régional Geert Bourgeois.

«C'est ce qui se passe dans un mariage. Si un partenaire dit je veux cela et que l'autre répond non , alors c'est terminé», a prévenu le numéro deux du gouvernement régional de la Flandre. La formation indépendantiste, dirigée par l'actuel bourgmestre (maire) d'Anvers Bart De Wever, était déjà arrivée en tête en Flandre lors du précédent scrutin, en juin 2010, avec 28% des voix.

Mais elle avait choisi de rester dans l'opposition, estimant insuffisant un accord organisant le transfert de nouvelles compétences de l'Etat central vers les régions adopté par huit autres partis, francophones et néerlandophones. Ce n'est qu'après cet accord et 541 jours de crise politique - un record mondial - que le gouvernement de coalition du socialiste francophone Elio Di Rupo avait finalement pu voir le jour fin 2011.

Selon Geert Bourgeois, la N-VA, actuellement créditée d'environ 40% des intentions de vote en Flandre, n'entrera pas non plus dans un gouvernement fédéral en 2014 sans une réforme beaucoup plus radicale des relations entre les régions qui composent l'actuelle Belgique fédérale.
«Enfin, les négociations finales, historiques, vont commencer. La Flandre et la Wallonie (sud, francophone) doivent devenir autonomes et décider ce qu'elles veulent encore faire ensemble, comme la gestion de Bruxelles», la troisième région du royaume.

S'il ne prononce pas le terme «indépendance», M. Bourgeois, 62 ans, propose néanmoins un détricotage en règle des compétences encore exercées par l'Etat fédéral: «Tout doit être transféré à la Flandre: la fiscalité, l'emploi, la sécurité sociale... simplement tout», dit-il. Et, en cas de scission de la Belgique, insiste-t-il, les francophones ne doivent pas penser qu'ils «recevront» Bruxelles, la capitale très majoritairement francophone du pays, qui est enclavée dans le territoire de la Flandre et qui devra, selon lui, rester la «capitale de la communauté» néerlandophone.

«Une Flandre indépendante n'est pas dans l'intérêt des Flamands», a répliqué sur la télévision privée néerlandophone VTM le chef du gouvernement flamand, le chrétien-démocrate Kris Peeters. Partisan également d'une plus grande autonomie pour sa région, M. Peeters prône toutefois une évolution plus lente, faite en concertation avec les partis francophones.

Côté francophone, la ministre socialiste Laurette Onkelinx a estimé que la N-VA «montrait enfin son vrai visage» après avoir tenté ces derniers mois de séduire, par un discours économique libéral, une partie des francophones. «Nous ne lâcherons jamais Bruxelles», a de son côté prévenu le président du Mouvement réformateur (libéral), Charles Michel.

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