Les leçons de la tuerie de Zoug
«Un tel fichier aurait pu sauver les 14 victimes de Zoug», reprend le vice-président des Verts, lui-même rescapé de cette tuerie du 27 septembre 2001, lorsqu’il était député au Grand Conseil zougois. «J’étais dans l’hémicycle lorsque le tireur a ouvert le feu. Je sens encore cette balle qui m’a traversé les cheveux alors que j’étais caché sous un pupitre. Les deux collègues debout à mes côtés n’ont pas réagi immédiatement; ils ont été abattus d’une balle dans la tête…» Josef Lang en est convaincu: ces deux hommes et les neuf autres députés ainsi que trois conseillers d’Etat locaux seraient encore en vie si la police cantonale avait eu accès aux registres d’armes à feu des autres cantons. «Le tireur s’était procuré son fusil à pompe à Berne neuf jours plus tôt. La police locale aurait pu l’en empêcher, sachant qu’il détenait d’autres armes dans d’autres cantons et qu’une procédure pénale était en cours contre lui pour avoir menacé un chauffeur de bus.» Encore faut-il que cette révision de loi passe la rampe des Chambres fédérales. Le lobby suisse des tireurs et des chasseurs, qui craignent que cet enregistrement obligatoire aboutisse à une confiscation préventive des armes à feu, aura jusqu’à fin août pour faire entendre ses arguments. A ses yeux, un tel système n’empêcherait pas les tueries, 80% des homicides par balle étant commis avec des armes acquises illégalement. Comme celles du tireur de Daillon (VS), qui a fait trois victimes en janvier. (Le Matin)
Créé: 27.06.2013, 07h28
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