mercredi 26 juin 2013

«Cette révision sauverait des vies»

Rescapé de la tuerie de Zoug, le vice-président des Verts, Josef Lang, salue la série de mesures proposées par le Conseil fédéral. «Ancrer ces mesures dans la loi serait une grande victoire et un soulagement.» Le discret vice-président des Verts, Josef Lang, semblait rassuré, hier, lorsque nous lui avons appris le paquet de mesures préconisées par le Conseil fédéral en vue d’une révision de la loi sur les armes. Au rang desquelles, l’obligation pour les détenteurs de pistolets, fusils et mousquetons (de collection ou non) de les déclarer – sous peine d’amende –, ainsi que la mise en réseau des 26 registres cantonaux d’armes à feu. Une sorte de registre central, que la population avait balayé en votation il y a deux ans, dans un objet qui comprenait également le dépôt de toutes les armes militaires à l’arsenal. Mais que l’écologiste de 59 ans avait appelé de ses vœux à maintes reprises pendant ses neuf ans passés au Conseil national.

Les leçons de la tuerie de Zoug

«Un tel fichier aurait pu sauver les 14 victimes de Zoug», reprend le vice-président des Verts, lui-même rescapé de cette tuerie du 27 septembre 2001, lorsqu’il était député au Grand Conseil zougois. «J’étais dans l’hémicycle lorsque le tireur a ouvert le feu. Je sens encore cette balle qui m’a traversé les cheveux alors que j’étais caché sous un pupitre. Les deux collègues debout à mes côtés n’ont pas réagi immédiatement; ils ont été abattus d’une balle dans la tête…» Josef Lang en est convaincu: ces deux hommes et les neuf autres députés ainsi que trois conseillers d’Etat locaux seraient encore en vie si la police cantonale avait eu accès aux registres d’armes à feu des autres cantons. «Le tireur s’était procuré son fusil à pompe à Berne neuf jours plus tôt. La police locale aurait pu l’en empêcher, sachant qu’il détenait d’autres armes dans d’autres cantons et qu’une procédure pénale était en cours contre lui pour avoir menacé un chauffeur de bus.» Encore faut-il que cette révision de loi passe la rampe des Chambres fédérales. Le lobby suisse des tireurs et des chasseurs, qui craignent que cet enregistrement obligatoire aboutisse à une confiscation préventive des armes à feu, aura jusqu’à fin août pour faire entendre ses arguments. A ses yeux, un tel système n’empêcherait pas les tueries, 80% des homicides par balle étant commis avec des armes acquises illégalement. Comme celles du tireur de Daillon (VS), qui a fait trois victimes en janvier. (Le Matin)

Créé: 27.06.2013, 07h28

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