Toutefois, depuis la crise financière de 2008, les tendances se confirment, selon le même sondage. Les projets d'investissements internationaux vers la Suisse se sont en effet réduits sur cette période de plus de moitié, tandis que, dans l'autre direction, ils ont progressé de 36%.
La Suisse affiche ainsi son plus bas niveau depuis huit ans en termes de réception d'IDE, se plaçant au 14e rang dans la liste des destinations attractives. Le nombre d'emplois qui découlent de ces investissements ont quant à eux diminué d'un quart sur un an, à 1155 postes.
Dans l'autre sens, les IDE helvétiques vers l'étranger ont légèrement fléchi, passant de 188 projets en 2011 à 184 en 2012, avec à la clé 3921 postes générés. La Suisse figure ainsi parmi les cinq acteurs clés en Europe, derrière les Etats-Unis, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France.
Sécurité de planification
L'introduction en Suisse du taux plancher en 2011 a renforcé la sécurité de planification, selon Ernst & Young. En outre, les pays cibles pour les délocalisations ne sont plus si avantageux. Ainsi, en 2012, seules 14% des sociétés sondées planifiaient de quitter la Suisse, contre 38% encore un an auparavant.
«Les entreprises qui envisageaient de partir pour un site plus avantageux l'ont déjà fait», indique Philip Robinson, coauteur de l'étude. Si l'expert anticipe d'autres départs, il estime que «le mouvement de fond est depuis longtemps achevé».
L'an dernier, les Etats-Unis ont réalisé à eux seuls 28 projets en Suisse, générant 405 places de travail, suivis du Royaume-Uni, avec 9 projets et 41 postes créés. Contrairement aux autres pays limitrophes, la France a été prolifique à l'aune de l'emploi, générant 308 postes en Suisse.
Dans l'autre direction, les entreprises résidentes ont quant à elles investi davantage en Allemagne, générant 91 projets (64 en 2011) et 1470 places de travail outre-Rhin. Deuxième destination, la France a bénéficié de 22 projets et de 693 nouveaux emplois, devant la Pologne, où 510 postes ont vu le jour .
Solution politique rapide
Les résultats du sondage démontrent cependant que la Suisse demeure attrayante pour les investissements à forte création de valeur. La stabilité politique, économique et sociale, le climat d'affaires favorable ainsi que la qualité de vie élevée constituent ses atouts les plus cités.
En revanche, la pénurie et la cherté des immeubles commerciaux ainsi que les salaires relativement élevés représentent un désavantage. Et les auteurs de souligner la nécessité d'une solution politique rapide au conflit entre la Suisse et l'Union européenne en matière de fiscalité des entreprises.
Le sondage global de Ernst & Young sur l'attractivité de l'Europe a porté au total sur 808 cadres dirigeants de firmes actives à l'international. Pour les aspects suisses, 202 entreprises supplémentaires ont été interrogées, dont 114 opèrent sur le sol helvétique.
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