vendredi 7 juin 2013

La Suisse est un modèle pour l'UE

La démocratie helvétique devrait servir de modèle à l'Union européenne (UE), selon l'ancien Premier ministre grec de passage à Interlaken.«Nous avons beaucoup à apprendre de la Suisse», a déclaré l'ancien Premier ministre grec Georges Papandréou vendredi, lors du Swiss Economic Forum (SEF) à Interlaken.

«Le plus grand problème de l'UE ce n'est pas son économie, mais sa politique démocratique», a estimé M. Papandréou. Selon lui, l'Union court le risque de perdre sa légitimité démocratique, car, à l'inverse de la démocratie directe dont bénéficient les Suisses, les citoyens européens sont exclus du processus décisionnel. Le temps presse, la confiance dans les institutions européennes étant au plus bas, a-t-il averti.

Berlin trop «dogmatique»

Celui qui a dirigé le gouvernement grec de 2009 à 2011 a par ailleurs critiqué la prépotence de l'Allemagne dans la gestion de la crise de la dette et le fait qu'elle se soit positionnée de manière «dogmatique» en faveur des plans d'économies.

«Les politiques d'austérité ont freiné les réformes», a affirmé M. Papandréou, ajoutant que les dettes des Etats ne sont que des symptômes du problème. Pour l'ex-Premier ministre, les excédents commerciaux enregistrés au nord de l'Europe viennent corroborer ses critiques.

Il a en outre plaidé en faveur d'une union bancaire européenne et du projet d'émission d'obligations en commun par les pays de l'UE (euro-bonds), pour freiner les divisions entre nord et sud de l'Europe. Ces mesures profiteraient à tous les pays, la Suisse y compris, en les mettant sur un pied d'égalité, a-t-il fait valoir.

Tournant en Grèce

En Grèce, après les coupes drastiques, la situation se redresse, a assuré M. Papandréou. Interrogé sur la nécessité d'une annulation de la dette, l'ancien chef de gouvernement a indiqué qu'il s'agit là d'une «question politique, les pouvoirs publics regroupant le gros des dettes».

Le chômage des jeunes en revanche s'aggrave et coûte 153 milliards d'euros (quelque 189 millions de francs) à l'Union, s'est-il alarmé. «L'argent devrait être mieux investi, en offrant par aux jeunes la possibilité, sous forme de bons, de suivre une formation partout en Europe», selon Georges Papandréou.

Stratégies sur le long terme

Des stratégies sur le long terme sont nécessaires pour dynamiser le marché de l'emploi, a indiqué de son côté le fondateur et PDG de BlackRock, le plus gros gestionnaire mondial de fortune.

Les regards des politiciens et des capitaines de l'économie sont trop braqués sur le prochain trimestre et pas assez sur le long terme, a relevé M. Fink, également présent au SEF à Interlaken. Il a par ailleurs évoqué l'espérance de vie croissante, soulignant la nécessité d'accepter de travailler au-delà de 62 ou 65 ans.

Le patron de BlackRock a en outre mis en avant l'importance, pour faire avancer l'économie mondiale, d'avoir un «système financier sain qui travaille pour et non pas contre le client». Les médias ont aussi leur rôle à jouer, selon M. Fink, «ils se concentrent trop sur le moment et pas assez sur l'effet et le résultat de leur travail».

Blackrock regroupe plus de 10'000 employés, dont l'ancien président de la Banque nationale suisse (BNS) Philipp Hildebrand, qui occupe le poste de numéro deux. L'entreprise gère quelque 3700 milliards de francs, soit davantage que Credit Suisse et UBS réunis.

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