samedi 22 juin 2013

Le ciel est-il devenu fou?

Des rafales de 130 km/h, des dégâts et des blessés, de la grêle et une bonne partie de la Suisse romande sous l’eau… Le ciel serait-il devenu fou? Et, surtout, va-t-il se fâcher toujours plus souvent? Oui, affirmaient de nombreux climatologues dans un rapport publié en 2011 par l’ONU, qui soulignaient que le réchauffement engendre davantage de catastrophes: tempêtes, ouragans, canicules et inondations.

«C’est du vent»

Faut-il s’attendre à ce qu’un ciel hostile nous tombe régulièrement sur la tête? Difficile à dire. Car d’autres scientifiques ont soutenu que, cette théorie, c’est du vent. Ou en tout cas qu’il n’existe aucun lien prouvé entre réchauffement climatique et nombre de tempêtes ou autres ouragans. «Si la question est de savoir si un événement particulier comme les orages qui viennent de tomber est dû aux hausses des températures, la réponse est clairement non», note Stéphane Goyette, climatologue de l’Université de Genève.

Cocotte-minute

Le spécialiste admet que les scientifiques sont partagés. «La planète se réchauffe. Cette chaleur doit être évacuée, un peu comme pour une cocotte-minute. Ce qui prend la forme d’événements climatiques. On pourrait donc dire que tendanciellement les événements extrêmes devraient être plus fréquents. Mais en vérité une réponse globale n’a aucun sens: tout dépend des phénomènes dont on parle et de la région du monde. Ainsi, on estime que les ouragans tropicaux seront à l’avenir moins fréquents mais plus intenses. Ou que les vagues de chaleur comme celle de 2003 seront à l’avenir bien plus courantes.»

Revenons à nos parapluies: et les tempêtes en Suisse? «Il y a eu Vivian en 1990, Lothar en 2007, Xynthia en 2010. Certains estiment qu’elles pourraient être légèrement plus fréquentes mais nous n’avons simplement pas assez de données sur le sujet pour apporter une réponse sérieuse.» Bref, pas de quoi paniquer. D’autant que le déluge de mercredi n’est pas qualifié de tempête. MeteoNews parle d’une «violente vague orageuse», MétéoSuisse d’«orages violents pas rarissimes en été.» «Le lien entre réchauffement climatique et événements météorologiques extrêmes n’est aujourd’hui pas scientifiquement prouvé», estime Frédéric Glassey de MeteoNews.

Influence des mobiles

«En ce qui me concerne, je n’ai qu’une certitude: l’hypermédiatisation et la démocratisation des portables comme des vidéos tronque l’impression du public, estime le météorologue. Aujourd’hui, tout le monde regarde en boucle un événement météo spectaculaire et peut s’en souvenir. Hier, il ne marquait la mémoire que de celui qui se retrouvait sous des trombes d’eau.» (Le Matin)

Créé: 22.06.2013, 12h21

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