mardi 18 juin 2013

L’école enfantine manque toujours d’enseignantes

La branche souffre d'un manque de personnel enseignant qualifié sur l’ensemble de la scolarité obligatoire, mais dans certains cantons, c'est déjà criant dès l'école enfantine. Le manque d'effectifs ne se dément pas et surtout ne se résorbe pas au niveau de l'école enfantine. Le phénomène touche plusieurs cantons des deux côtés de la Sarine au point d'être qualifié de critique dans certaines occasions.

Plus de résistance à Fribourg

Le concordat HarmoS prévoit que l'école enfantine devienne obligatoire et s'étale sur deux ans. Si la plupart des cantons romands avait déjà adopté ce système, il a provoqué plus de résistance à Fribourg, où un comité référendaire avait mené la résistance en 2010, se braquant surtout contre l'obligation de l'école enfantine dès 4 ans.

Le canton n'a longtemps offert qu'une année d'école enfantine, qui plus est facultative, avant de modifier en septembre 2008 la loi scolaire et d'introduire une 2e enfantine ainsi que l'obligation de suivre les deux années. Il n'en reste pas moins que le canton a dû s'adapter. «Il a fallu doubler le nombre d’enseignants à la dernière rentrée scolaire», explique Jean-Marc Haller, secrétaire général du Syndicat des enseignants romands (SER)

Les hausses de salaire ne suffisent pas

En Suisse alémanique, certains cantons, également confrontés à des pénuries d'effectifs, ont essayé l'argument des augmentations de salaire. Le canton de Zurich a augmenté ses maîtresses d'école de 8700 francs depuis 2010 et l'administration manque toujours de personnel qualifié. Argovie a revu à la hausse les rémunérations de 6900 francs et Lucerne de 4800 francs depuis trois ans, et ce, rien que pour les salaires de débutant. A Zurich, une enseignante touche désormais un premier salaire annuel brut de 74'197 francs pour 70'316 francs à Berne.

Selon une enquête réalisée par l'Association suisse des directeurs d'école (VSLCH), les hausses de salaires ne suffisent pas à améliorer l'attrait de la profession. Près de la moitié des directeurs d'établissements dans ces trois cantons se plaignent des difficultés à recruter malgré les efforts financiers consentis, relève le Tages-Anzeiger dans son édition de lundi

Les HEP peinent à répondre à la demande

Rien qu'à Zurich, le nombre de places vacantes s'élevaient à 141 contre 176 un an plus tôt. La situation change donc peu à peu grâce aux professionnels qui cherchent à se réorienter dans l'enseignement. Ceux-ci ne représentaient que 15% en 2011 pour l'école enfantine, contre à 21% l'année suivante.

Si la situation se détend, le VSLCH et son président Bernard Gertsch ne croient pas qu'elle va se résorber automatiquement. Bien que tous les postes de stagiaires soient à nouveau occupés dans les Hautes Ecoles Pédagogiques. Pour Bernard Gertsch, ces personnes ne seront peut-être pas aptes pour les places disponibles car elles ne possèdent ni les diplômes ni l'expérience requis sans parler des problèmes d'intégrations au sein des équipes enseignantes.

Dur pour une famille de vivre avec un seul salaire

Jean-Marc Haller souligne un des problèmes d’attractivité de la profession par le fait que les HEP offrent une formation fermée, rendant difficile, voire impossible le changement d’orientation et la poursuites d’études universitaires notamment.

Des deux côtés de la Sarine, on constate une féminisation accrue de la profession, les hommes préférant suivre des études académiques leur permettant de s’orienter dans l’enseignement secondaire ou vers d’autres horizons professionnels. En outre, les conditions sont telles qu’elles ne permettent plus de faire vivre une famille avec un seul salaire, autre motif qui freine l’intérêt du personnel masculin à rester dans l’enseignement primaire.

De plus, de nombreuses enseignantes fondent une famille et réduisent leur taux d’activité ou cessent pendant quelques années d’enseigner, ce qui contribue au manque en personnel, rappelle Jean-Marc Haller. (Newsnet)

Créé: 18.06.2013, 15h16

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