vendredi 7 juin 2013

Les Tessinois votent sur le contournement d’Agno

Les citoyens tessinois décideront le 9 juin s’ils donnent leur feu vert à la construction d’un tunnel de contournement à Agno. Ce projet a été imaginé par la Lega comme alternative à une route en surface. En mars 2011, l’affaire semblait réglée. Après une vingtaine d’années de planification, le Grand Conseil tessinois a débloqué un crédit de 133,7 millions de francs destiné à une route de contournement dans la région du Malcantone. But de l’opération: libérer la commune d’Agno de ses bouchons quotidiens.

Ce projet prévoit que le trafic de la route cantonale soit dévié entre Magliaso et Bioggio vers un tracé longeant l’aéroport et l’autoroute. Les routes et les giratoires devraient par ailleurs être démultipliés, tout comme les passages souterrains.

Inquiétudes autour du calendrier

Selon la Lega, ce scénario est déjà obsolète alors qu’il n’est même pas concrétisé. Le parti de droite estime qu’un long tunnel homogène serait beaucoup plus utile que le «puzzle» de mesures accepté par le Grand Conseil. Fort de cette certitude, il a lancé une initiative exigeant un contournement souterrain entre Ponte Tresa et Bioggio.

Le texte, pour lequel la Lega est parvenue à récolter 11’000 signatures, n’est pas du goût des autres partis cantonaux. Estimant que ce projet n’est pas supportable financièrement, le législatif l’a rejeté.

Augmenter la qualité de vie

Les opposants au tunnel craignent en outre que sa réalisation ne reporte trop loin le désengorgement d’Agno. La variante en surface, elle, pourrait être concrétisée en 5 à 7 ans, soit avant 2021.

Ce handicap, les partisans le relativisent en indiquant que les travaux de percement du tunnel n’altéreront pas le trafic actuel et qu’une fois achevé, l’ouvrage augmentera notablement la qualité de vie dans les communes de la zone. La Lega met aussi en avant le fait que des projets similaires ont fait leurs preuves, à l’image des tunnels de contournement de Lugano et Locarno.

Effets collatéraux

Une autre source d’inquiétude pour les anti-tunnel, gouvernement compris, sont les possibles effets collatéraux. Un tracé souterrain continu, qui ne comporterait qu’une sortie intermédiaire, pourrait inciter les poids lourds en route pour la zone industrielle d’Agno/Bioggio à privilégier l’axe cantonal.

Il pourrait en aller de même pour les habitants des communes désengorgées. Dans sa brochure d’information, le canton avertit que croire que les problèmes de trafic entre Ponte Tresa et Bioggi sont uniquement occasionnés par les frontaliers est erroné.

En cas de «oui» le 9 juin, les autorités tessinoises s’inquiètent aussi de la question des subventions fédérales. Le projet actuel, encore à l’état d’ébauche, devrait être modifié afin d’améliorer le rapport coûts-bénéfices. (ats/Newsnet)

Créé: 07.06.2013, 10h40

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