Trop dur et coûteux en temps
Pourquoi la patrie du fromage n’a-t-elle pas réussi à recruter de dignes représentants? «Les artisans suisses n’étaient pas intéressés, avance Andreas Leibundgut qui gère la participation aux différents événements chez Fromarte, l’association suisse du fromage. Ils ont jugé que la préparation leur prendrait trop de temps. Il fallait aussi se rendre sur place. Et puis le concours se révélait extrêmement difficile. Les Suisses ne sont pas habitués à ce genre d’épreuves.» La compétition était en effet particulièrement ardue. Elle a duré huit heures non-stop avec notamment au programme la composition d’un plateau sur le thème «du fromage pour nos enfants» (la gagnante a conçu une sculpture origamique à partir de différentes variétés).
Une belle démonstration d’excellence donc, durant laquelle l’absence de la Suisse a été très remarquée. «Nous sommes très étonnés, même déçus. On était pourtant sûrs que des candidats suisses s’inscriraient! réagit Olivier Delaneau, membre de l’organisation du concours. Nous ne nous expliquons pas cette défection.»
De son côté, Switzerland Cheese Marketing, organisation de promotion du fromage suisse, n’est pas choquée outre mesure. A ses yeux, il ne s’agit pas du tout d’une occasion manquée pour valoriser le savoir-faire helvétique. Sa porte-parole, Manuela Sonderegger, explique que la Suisse participe aux concours les plus importants et les plus reconnus de la branche. «Le World Cheese Championship dans le Wisconsin, aux États-Unis, et celui de Birmingham, en Angleterre, sont ceux qui nous intéressent le plus. Et nous faisons toujours d’excellents résultats.» Manuela Sonderegger ajoute que la participation à des compétitions coûte cher aux fromagers et que ceux-là sont amenés à faire des choix. Seul Andreas Leibundgut reconnaît que cette non-participation est «dommage». Il compte bien y remédier dans deux ans, lors de la prochaine édition. (Le Matin)
Créé: 06.06.2013, 15h09
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