Une émission télévisée a révélé que les bêtes qui finissent dans les assiettes suisses ont vécu dans des conditions atroces. Les distributeurs ont réagi. Après le scandale de la viande de cheval dans les lasagnes et autres produits, voilà qu’une autre affaire secoue le monde de l’alimentation. Une affaire qui a eu de fortes répercussions, puisqu’elle a poussé les magasins suisses à retirer tout ou partie de la viande de cheval présente dans leurs rayons (lire ci-contre). A son origine: l’association zurichoise de protection des animaux qui a voulu connaître dans quelles conditions étaient élevés, transportés et abattus les chevaux qui finissent dans les assiettes suisses. «Les réponses nous paraissaient trop positives. C’est pourquoi nous avons décidé d’aller voir par nous-mêmes», explique Sabrina Gurtner, responsable du projet. Les résultats sont affolants.
«Nous avons vu des choses affreuses, explique la Zurichoise. Des animaux mourants ou morts, des animaux enfermés à double tour dans des camions, ce qui empêche les secours en cas de problème, mais aussi des chiens qui mordent les jambes des canassons pour les faire monter plus vite dans les camions. Franchement, je ne sais pas comment ces animaux auraient pu être plus maltraités.»
Huit mois d’enquête
Pendant plus de huit mois, Sabrina Gurtner et son équipe ont mené l’enquête aux Etats-Unis, au Canada, au Mexique et en Argentine. «C’est de ces pays que provient la plus grande partie des 5000 tonnes de viande de cheval consommées en Suisse chaque année», justifie-t-elle. Ils ont vérifié de visu les conditions de vie des animaux destinés à l’exportation qui finissent notamment dans les rayons des magasins Migros, Coop, Aldi, Denner, Lidl, Volg et Spar. Le résultat en images de cette enquête, diffusée mardi soir dans «Kassensturz» sur SRF1, a suscité de nombreuses réactions choquées et le retrait de la marchandise chez les distributeurs du pays jusqu’à ce que l’affaire soit clarifiée. «Nous sommes vraiment contents, avoue Sabrina Gurtner. J’ai passé une année sur ce dossier et de voir que notre travail a permis de faire bouger les choses, c’est véritablement gratifiant.» L’Office vétérinaire fédéral a également réagi à la diffusion de ce reportage et examine l’origine des images.
Du côté des intermédiaires et des importateurs, le mea culpa est de mise, même si certaines critiques sont émises. Les images tournées au Canada datent de 2010, selon Cornelia Gassner Bentz, directrice de la qualité chez GVFI International, et les problèmes relevés à ce moment-là ont été résolus, selon elle. Du côté de Skin Packing, on dénonce une «certaine malhonnêteté intellectuelle.» Pour ce fournisseur, «les images ont été soigneusement sélectionnées pour provoquer un impact maximal sur le public. Il sera toujours possible, dans quelque domaine que ce soit, de trouver une faille.» L’entreprise va lancer un nouvel audit dans le but de contredire les images diffusées. (Le Matin)
Créé: 21.02.2013, 06h22
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