vendredi 22 février 2013

Des Suisses dans la course au Parlement italien

Plus d’une centaine de candidats, issus de tous les grands partis, briguent un siège représentant les Italiens d’Europe dans le futur parlement transalpin issu des élections de dimanche et lundi. Parmi eux, de nombreux Suisses, dont trois des quatre élus sortants. Les Italiens de la circonscription Europe doivent désigner leurs cent élus à la Chambre des députés et leurs deux représentants au Sénat. Le Vieux Continent comptait, lors de la législature touchant à sa fin, un député de plus, dont le siège a été attribué à l’Amérique du Sud.

Les «Suisses» de gauche

La tendance jusqu’à présent dans la diaspora a été de voter plutôt à gauche. Les quatre parlementaires «suisses» sortants proviennent de la coalition de centre-gauche.

Les trois élus du Parti démocrate (PD, gauche) - se représentent: le Neuchâtelois Claudio Micheloni, sénateur depuis 2006, ainsi que les députés Franco Narducci et Gianni Farina. Le quatrième, Antonio Razzi, avait été élu sur la liste de «L’Italie des Valeurs» (gauche), mais ne brigue pas un nouveau mandat.

Peu de poids

Les Italiens de la diaspora ne pèsent pas lourd au Parlement: ils totalisent, toutes circonscriptions confondues, douze députés sur 630 et six sénateurs sur 325.

Lors des élections de 2006, ce sont pourtant eux qui ont fait pencher la balance: ce n’est en effet que grâce à leurs voix que l’Union de centre-gauche de Romano Prodi, alors futur président du Conseil, a obtenu une courte majorité dans les deux chambres.

La fiscalité

L’actuelle campagne tourne notamment autour des thématiques fiscales, et en particulier de la lourde taxe foncière (Imu) réimposée par le gouvernement de Mario Monti. Les candidats dénoncent notamment une taxe sur la résidence secondaire pour les expatriés.

Mais les candidats anglent aussi leur message sur des thèmes touchant directement les émigrés, comme les questions linguistiques. Certains d’entre eux prônent ainsi l’«italianità» («italianité»), en insistant sur la nécessité de promouvoir la langue de Dante à l’étranger.

Des cours de langues

«Les enfants d’émigrés risquent de perdre leur identité culturelle», s’inquiète Ubaldo Vinci, candidat de la liste centriste dirigée par Mario Monti. Ce concessionnaire automobile d’Ostermundigen (BE) préconise ainsi davantage de cours en langue et culture italienne, qui pourraient par exemple être proposés via une collaboration plus étroite avec les écoles.

Cette idée de promouvoir la culture transalpine est également un cheval de bataille du Parti démocrate (PD, centre-gauche). Claudio Micheloni exige davantage de fonds pour ces cours, qui sont «des instruments indispensables pour nos enfants et petits-enfants».

Gianni Farina va plus loin, évoquant un droit à suivre des cours en langue italienne, qui seraient offerts gratuitement à ses concitoyens. Cela demanderait certes un gros effort de la part de Rome, mais la Suisse pourrait coopérer, estime le député-candidat du PD.

«Nouvelle émigration» visée

Candidat du Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi, Simone Billi juge lui aussi «tout à fait juste de vouloir maintenir la culture italienne».

Mais ce Toscan expatrié en Suisse alémanique s’adresse aussi à la «nouvelle émigration», alors que la situation critique sur le marché du travail transalpin pousse de nombreux Italiens, essentiellement jeunes et au bénéfice d’une bonne formation, à tenter leur chance à l’étranger.

Selon lui, Rome devrait aussi soutenir des cours permettant aux Italiens de l’étranger d’apprendre la langue de leur nouveau pays. Ces cours pourraient par exemple être dispensés dans les différents instituts culturels italiens, qui enseignent actuellement la langue de Dante, propose-t-il. (ats/Newsnet)

Créé: 22.02.2013, 10h22

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