Le Neuchâtelois persiste à nier la gravité de sa rechute. Son parti ne sait plus comment le raisonner et le protéger. Dans un spectaculaire exercice d’équilibrisme, Yvan Perrin a livré hier à la presse neuchâteloise une interview, où il raconte et commente tout à la fois les révélations du «Matin» sur son état de santé. Il dit ne pas bien voir «quel aurait pu être l’événement pour me faire plonger». Et il continue de réfuter la gravité de sa rechute de décembre dernier, où il a passé trois jours reclus chez lui à La Côte-aux-Fées, s’assommant d’alcool fort (3‰) et d’un type au moins du cocktail de médicaments découverts autour de son lit par les secours.Hier toujours, au journal de midi de la RTS, il a admis tout au plus avoir pu prendre «un ou deux verres de whisky et un Temesta» pour calmer une attaque de panique. Cette manière de nier l’évidence et de varier les versions de son problème de santé inquiète désormais jusqu’au sommet de la direction de l’UDC.
«Avec le président Toni Brunner, nous avons décidé de ne plus communiquer pour le moment. Mais nous nous occupons du problème à l’interne», précise Claude-Alain Voiblet, vice-président.
Autre membre de la direction nationale de l’UDC, Oskar Freysinger indique pour sa part vouloir attendre le bilan de santé promis par Yvan Perrin pour se prononcer: «S’il a des problèmes d’alcool ou de médicaments, cela se verra. A l’heure actuelle, je n’ai aucun autre paramètre pour me prononcer». Voilà pour les déclarations officielles. Mais, en coulisses, le cas Perrin est décrit comme alarmant, sans compter que son équipe locale de campagne a implosé. Le conseiller national et candidat au Conseil d’Etat neuchâtelois semble n’en faire plus qu’à sa tête, avec l’aide d’un conseiller en communication qu’il vient de s’adjoindre. Son prochain objectif est de publier un bulletin de santé physique, dont personne ne voit plus vraiment l’utilité.
Le protéger malgré lui
Car, à l’interne du parti, l’ampleur des problèmes dépressifs d’Yvan Perrin est désormais connue. Sa manière d’en parler publiquement en ne disant pas la vérité est perçue comme un double danger: politique – on ne ment pas – et humain – le déni fait partie des pathologies psychiques.
Cette fuite en avant ne pourra être stoppée qu’avec l’accord d’Yvan Perrin, même si certains de ses pairs estiment qu’il devient urgent de le protéger malgré lui. Selon le règlement électoral neuchâtelois, un candidat ne peut en effet se retirer qu’en son nom propre et ce jusqu’au 5 mars. (Le Matin)
Créé: 28.02.2013, 06h00
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