Doris Leuthard, une antinucléaire à géométrie variable?
Le député vaudois Oliver Feller ose la question. Car, la ministre de l'énergie qui incarne la «sortie du nucléaire» en Suisse a vanté, en Chine, les avantages du nucléaire pour les pays émergents. En juin dernier, Doris Leuthard a tenu, lors de son voyage en Chine, des propos qui n’ont pas manqué d’étonner la classe politique suisse. En effet, la conseillère fédérale en charge de l’énergie et de l’environnement, grande héroïne de la sortie du nucléaire en Suisse, a plaidé en faveur du nucléaire. Mais en Chine. Le conseiller national vaudois (PLR) Olivier Feller a donc déposé une interpellation: il exige des explications.«L'énergie nucléaire, est-elle à géométrie variable?» questionne Olivier Feller. «L’écologie est une question planétaire. Or la ministre Doris Leuthard incarne en Suisse la «sortie du nucléaire». Il est, pour moi, incohérent de prétendre que le nucléaire est admissible dans certains pays et pas dans d’autres. C’est étonnant. Surtout que cette sortie du nucléaire ne se fera pas sans efforts qui seront demandés à la population.»
Demande de cohérence
Dans sa démarche, Olivier Feller évite de se positionner pour ou contre le nucléaire, mais aimerait de la cohérence. «La décision de principe prise par la Suisse n’est plus sujette à débat. Je fais un travail de parlementaire: j’interpelle et je questionne les membres du Conseil fédéral quand je ne comprends pas leurs prises de position», argumente le conseiller national vaudois.
Déposée à la fin de la session d’été, l’interpellation d’Olivier Feller devrait recevoir une réponse de Doris Leuthard lors de la session d’automne en septembre. «Je verrais quelle suite donner», explique le parlementaire vaudois qui ne manque pas de qualifier ces propos d’«absurdes».
La sécurité ou le coût
Rapporté par l’hebdomadaire économique Finanz und Wirtschaft, le discours que Doris Leuthard a tenu à Hong Kong paraît, il est vrai, ambigu. Notre ministre de l’énergie a mis en avant les avantages pour un pays émergent à recourir au nucléaire pour diminuer sa dépendance à l’égard de l’étranger. Une situation qui ne serait pas comparable à celle des pays développés, puisque dans ces derniers, ce n’est pas l’énergie mais les salaires qui représentent les coûts importants pour les entreprises d’un pays.
A suivre ce raisonnement, c’est donc le coût du nucléaire qui pose problème et non sa dangerosité. «Mais en Suisse aussi les entreprises comme les particuliers aimeraient être certains qu’on puisse assurer la sécurité de l’approvisionnement et un coût raisonnable de l’énergie dont nous avons tous besoin», s’étonne Oliver Feller. (Newsnet)
Créé: 09.07.2013, 11h50
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