Le Parti démocrate-chrétien suisse s'est déclaré favorable à à la révision de la loi sur l'asile, samedi.Réunis en assemblée à Heiden (AR), les délégués du Parti démocrate-chrétien (PDC) ont approuvé par 146 voix contre 28 le durcissement soumis au peuple le 9 juin prochain, suivant l'avis du comité directeur. Babette Sigg, présidente des Femmes PDC, a tenté en vain de convaincre l'assemblée en faveur d'un non à la révision. Les femmes démocrates-chrétiennes, tout comme la section vaudoise du parti mardi dernier, se sont prononcées contre le projet en mars déjà.
L'initiative de l'UDC pour l'élection du Conseil fédéral par le peuple, également en votation fédérale le 9 juin, a en revanche été rejetée: le mot d'ordre a été adopté par 172 voix contre 2. Là aussi, les délégués ont suivi les recommandations du comité.
Non à l'imposition des successions
Refus net aussi de l'initiative du PEV, de la gauche et des syndicats sur l'imposition des successions qui vient d'aboutir. La proposition de la traiter seulement après une évaluation par le Conseil fédéral et le Parlement a été rejetée. Le non a été décidé par 143 voix contre 27. La date de cette votation n'est pas encore fixée.
Quatrième objet sur lequel se sont prononcés les délégués, l'initiative «1:12» des Jeunes socialistes, qui n'a pas trouvé grâce non plus: elle a été rejetée par 160 voix contre 14. En marge de l'assemblée, la date du 22 septembre a été évoquée pour cette votation.
Peur et convoitise
Pour la conseillère fédérale PDC Doris Leuthard, ces quatre objets n'ont par grand-chose en commun au premier regard. Mais pour elle, ils ont tous un lien avec la peur et la convoitise - deux très mauvais conseillers pour le pays.
Au contraire, la Suisse doit recourir aux valeurs qui font sa force si elle entend aller de l'avant. Selon Doris Leuthard, ces forces sont un système d'impôt progressif et des partenariats sociaux vivaces.
Plaidoyer pour la clause de sauvegarde
Dans son discours, le président du PDC Christophe Darbellay a lui plaidé en faveur de la clause de sauvegarde, à laquelle le Conseil fédéral doit décider la semaine prochaine de recourir ou non.
Le Valaisan a expliqué pourquoi cette clause est un bon instrument à ses yeux. Le pays doit préserver et faire évoluer l'héritage d'Henri Dunant dans sa politique migratoire, a-t-il déclaré, en référence au fondateur de la Croix-Rouge qui a fini sa vie à Heiden.
Parallèlement, dans l'esprit de Nicolas de Flue, la Suisse ne peut pas être un jardin d'Eden ouvert à tous ceux qui souhaitant y venir pour des raisons économiques, a averti le président du PDC. «Les préoccupations de la population doivent être prises très au sérieux», a déclaré Christophe Darbellay.
Les mesures d'accompagnement sont à appliquer strictement, «de même que la clause de sauvegarde». Celle-ci est un instrument légal ancré dans les accords bilatéraux avec l'Union européenne et la Suisse a le droit d'y faire appel, a rappelé le président du PDC.
Comme l'application de la clause est limitée dans le temps, il faudra trouver une solution de rechange, estime Christophe Darbellay. Sa reprise dans le droit permanent doit être discutée sérieusement. La Suisse est attrayante, mais elle n'a pas à être punie pour cela, a conclu le président du PDC.
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