Au deuxième jour du procès, le défenseur de l'homme qui a tué son voisin et bailleur à Neirivue (FR) en 2011, a argumenté que l'accusé avait été harcelé, humilié et agressé par sa victime. L'homme qui a tué avec un fusil son voisin et bailleur à Neirivue (FR) en 2011 avait été harcelé, humilié et agressé par sa victime, a argumenté la défense au deuxième jour du procès. De plus, il n'a pas voulu sa mort, selon l'avocat.Me Pedroli a rappelé qu'il est du devoir des magistrats d'examiner la relation entre les deux hommes. Et «il est impossible de l'évoquer sans critiquer le comportement du défunt à l'égard du prévenu. Ce n'est pas élégant, mais nécessaire. Aucun sujet ne saurait être tabou quand il s'agit de justice».
Mercredi devant le Tribunal de la Gruyère, l'avocat s'est référé aux témoins entendus la veille, qui ont décrit un homme hautain, méprisant, aisé financièrement et faisant pression sur son locataire, qui avait besoin de payer son loyer mais souffrait beaucoup du dos et était miné par l'alcoolisme. Le mot «esclavage» était sur toutes les lèvres.
Poussé à bout
Le prévenu, plâtrier âgé de 47 ans lors des faits, effectuait à vil prix des travaux dans des immeubles de ce brocanteur de 69 ans. Selon les témoignages, celui-ci le voyait comme son larbin, et quand il n'a plus pu travailler, il l'a harcelé pour le faire quitter le logement. «Lui prendre le modem, c'était le pousser à bout, car il savait qu'il était 'accro' à Internet», estime l'avocat.
D'autres locataires avaient eu maille à partir avec ce propriétaire et avaient dû s'en remettre à la police. Il était prêt à couper l'eau et le gaz pour «dégager» quelqu'un. Un témoin en ce sens a renoncé à venir devant le tribunal à cause des pressions qu'il aurait subies. «Cela a un goût de déjà vu.»
Quant au déroulement du drame: le propriétaire, accompagné d'un de ses fils, a forcé le passage alors que le prévenu tentait de refermer la porte. Et «comment, alors que le prévenu s'opposait au propriétaire, celui-ci a-t-il réussi à aller chercher le modem ? C'est bien parce que le fils le retenait», a dit l'avocat.
Le prévenu aurait reçu un coup, qui l'aurait fait tomber dans son canapé et fait gicler le téléphone au sol, alors qu'il voulait appeler la police. «On est entré chez lui sans en avoir le droit. Il était menacé dans son intégrité physique.»
Dol éventuel ou négligence ?
Pour la défense, le prévenu ne savait pas que le propriétaire se trouvait derrière la porte lorsqu'il a tiré. Et «qui, dans cette salle, pouvait savoir qu'en tirant avec un fusil de chasse ça pouvait traverser une porte ?», a lancé l'avocat.
Selon lui, à l'heure d'étudier l'intention du prévenu, le dol direct peut être écarté: «Si on veut absolument tuer, on ne tire pas en tenant l'arme à une hauteur de un mètre». Restent le dol éventuel et la négligence consciente, difficiles à distinguer.
Soit le prévenu s'accommoderait du résultat dommageable même s'il ne le veut pas, soit le prévenu escompte que ce résultat ne se produira pas. S'il est impossible de déterminer entre les deux, le plus favorable au prévenu doit prévaloir.
L'avocat a aussi rappelé que personne ne doit pas être jugé deux fois pour la même affaire. Le prévenu a déjà purgé sa peine pour avoir tué l'amant de sa femme il y a des années. Dans l'affaire de Neirivue, il faut le juger «comme n'importe quel autre homme, sans céder à la vindicte populaire».
Le jugement tombera au plus tôt à 18h00. (ats/Newsnet)
Créé: 17.04.2013, 14h51
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