lundi 22 avril 2013

Près de 200 morts dans des combats au nord-est

Près de 200 personnes ont été tuées dans des affrontements entre des islamistes et l'armée, dans une localité du nord-est du Nigeria, selon un bilan de la Croix-RougeLe village, situé sur les rives du Lac Tchad, a été à moitié détruit par les flammes, a déclaré une source gouvernementale. «Jusqu'à présent, 187 morts ont été enterrés, et 77 personnes sont hospitalisées. Plus de 300 maisons ont brûlé», a déclaré un porte-parole de la Croix-Rouge, un bilan beaucoup plus lourd que les «dizaines de morts» annoncées jusqu'ici par une source gouvernementale. Ces affrontements ont éclaté vendredi dans le village isolé de Baga, dans l'Etat de Borno, une région où est basé le groupe islamiste nigérian Boko Haram.

Le porte-parole militaire de l'Etat de Borno, Sagir Musa, avait auparavant assuré que certaines informations de presse faisant état d'un bilan beaucoup plus lourd étaient «extrêmement exagérées». «Il est insensé de dire que 185 personnes ont été tuées», a-t-il dit. «Sur mon honneur d'officier, je peux dire que rien de tel ne s'est produit».

Des insurgés ont été tués, mais aussi des soldats et des civils, selon des témoignages d'habitants recueillis par un représentant des autorités ayant inspecté les lieux dimanche, qui a requis l'anonymat.

Environ «40% de la ville a été détruite par le feu. De nombreux habitants sont toujours portés disparus et pour le moment on suppose qu'ils ont fui dans la brousse», a déclaré un responsable des services de secours sous couvert d'anonymat.

Mosquée encerclée

Selon des habitants, les violences ont éclaté quand des militaires ont encerclé une mosquée où des islamistes armés étaient supposés s'être réfugiés. Dans les fusillades qui ont suivi, les insurgés se seraient servis d'armes lourdes, mais peu d'informations ont pu être obtenues sur la nature des combats.

Un porte-parole régional de l'agence nationale de gestion des situations d'urgence (NEMA), Abdulkadir Ibrahim, a indiqué lundi que ses émissaires étaient arrivés à Baga. Mais les communications avec eux sont difficiles et il est trop tôt pour mesurer l'ampleur des violences, a-t-il dit.

Le réseau de téléphonie mobile dans certains endroits de l'Etat de Borno avait été très sérieusement endommagé l'an dernier quand les islamistes avaient brûlé des pylônes de télécommunications.

Depuis 2009, les attaques de Boko Haram dans le centre et le nord du Nigeria, et leur répression par l'armée, ont fait au moins 3000 morts. Le groupe est notamment responsable à Abuja (Centre) d'attentats-suicide contre le siège des Nations Unies, le quartier général de la police et les locaux d'un des grands quotidiens du pays.

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