Contrairement aux habitants d'autres pays, les Suisses se souviennent avant tout des faits qui ont marqué l'international, notamment le 11-Septembre 2001.Les événements qui ont le plus frappé les Suisses durant leur vie ont un caractère international, qu'il s'agisse des attentats du 11 septembre ou de la chute du Mur de Berlin, selon une étude de l'Université de Genève. En Amérique latine, les habitants se souviennent davantage d'événements nationaux, comme la dictature. En Suisse émerge l'image «d'un pays sans histoire». Aucun des événements les plus mentionnés ayant un caractère national, expliquent les chercheurs de l'étude dans un communiqué diffusé mercredi par le Fonds national suisse (FNS).
Parmi les dix changements socio-historiques cités par le plus grand nombre d'individus en Suisse, aucun ne concerne le pays. Le projet, coordonné par les sociologues Stefano Cavalli et Christian Lalive d'Epinay de l'Université de Genève, réunit une quarantaine de chercheurs de 13 pays.
Environ 12'000 questionnaires ont été récoltés à travers le monde. En Suisse, deux enquêtes se sont déroulées dans le canton de Genève en 2003-2004 et en 2009.
En Europe aussi
En Europe occidentale, les mémoires historiques se sont construites sur la base des mêmes événements méta-nationaux: les attentats du 11 septembre 2001, la Seconde Guerre mondiale ou la chute du Mur de Berlin.
En Suisse, les autres événements marquants sont le premier homme sur la Lune, le Progrès, l'Union européenne (UE), la Guerre en Irak, Mai 1968, l'assassinat de John F. Kennedy et la Guerre du Golf. La plupart des réponses citant l'UE renvoient au refus par le peuple suisse en 1992 de l'adhésion à l'EEE.
Amérique latine: autre vision
Les individus ont réagi tout à fait autrement en Amérique latine. En Argentine, au Chili et en Uruguay, les personnes se souviennent avant tout de la dictature tandis que les Brésiliens et les Mexicains mentionnent respectivement le gouvernement de Lula da Silva et l'élection de Vicente Fox. Le seul événement international cité souvent sont les attentats du 11 septembre.
«Comme la Suisse n'a jamais vécu d'événements traumatisants comme une guerre, cela explique ce résultat», a déclaré à l'ats Stefano Cavalli. De plus, les 600 personnes interrogées l'ont été à Genève et il est possible que le résultat ait été différent avec un échantillon national.
Les chercheurs ont été surpris de constater que les Européens se souviennent davantage d'événements internationaux que ceux à caractère national. Manifestement, il existe dans l'UE une mémoire historique commune qui donne une identité européenne.
L'âge joue un grand rôle
La perception d'un épisode historique varie selon l'âge des individus au moment de sa survenue. Dans l'ensemble, les changements qui ont un plus grand impact sur la mémoire sont ceux qui se produisent pendant l'adolescence et le début de la vie adulte, années caractérisées par l'ouverture sur le monde environnant.
Ainsi «les jeunes se souviennent et mentionnent plus souvent le 11 septembre 2001 que les plus âgés», ajoute Stefano Cavalli.
La couverture médiatique d'un événement influence également les résultats. Les Suisses se souviennent davantage de la Guerre du Golfe, où les télévisions américaines étaient très présentes, que celle dans les Balkans, pourtant bien plus proche au niveau géographique mais moins filmée.
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