Euthanasie: médecin reconnu coupable
Un médecin neuchâtelois a été condamné lundi à une amende symbolique de 500 francs dans une affaire d'euthanasie. Il va faire appel.Le Tribunal de police du Littoral et du Val-de-Travers (NE) a rendu lundi son verdict concernant un médecin dans une affaire d'euthanasie. Il a été reconnu coupable d'avoir prescrit à un patient octogénaire une substance létale sans avoir procédé aux examens nécessaires pour définir sa maladie. La défense va faire appel. Le prévenu occupait jusqu'à l'an dernier un cabinet à Corcelles (NE). Le patient, âgé de 89 ans, avait fait une tentative de suicide en se tailladant les poignets. Lorsque le médecin est arrivé chez cet homme, celui-ci a refusé tout examen.
En se basant sur les symptômes et antécédents de l'octogénaire, le praticien a fait état du «vraisemblable développement d'une maladie tumorale anorectale». Le patient disait qu'il jugeait sa situation invivable et qu'il tenterait à nouveau de se suicider. Le médecin lui a alors parlé de l'association Exit.
Le patient, sain d'esprit, a signé le 4 février une déclaration demandant l'assistance d'Exit pour mettre fin à ses jours. Le 11 février, le médecin a prescrit 15 grammes de substance létale au patient, qui l'a avalée le lendemain et est décédé.
Pas d'analyses
Un membre de la famille avait dénoncé le cas auprès du Ministère public, estimant que la maladie n'était peut-être pas incurable. Le prévenu est accusé d'avoir enfreint la Loi fédérale sur les médicaments et les dispositifs médicaux, et subsidiairement la Loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes.
Selon le procureur, il n'a pas respecté les règles de l'Académie suisse des sciences médicales, exigeant de tout médecin prêtant une aide au suicide qu'il vérifie «certaines exigences minimales», notamment celle d'une fin de vie proche résultant d'une maladie. Il a fait ce qui s'appelle une «anamnèse» mais n'a pas procédé à des analyses pour établir le diagnostic avec certitude.
Le Ministère public avait requis 500 francs d'amende. La défense demandait l'acquittement et 2000 francs de dédommagement pour tort moral.
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