jeudi 20 décembre 2012

Widmer-Schlumpf «horrifiée» par la tricherie d'UBS

La présidente de la Confédération, comme la plupart des acteurs politiques, condamne sévèrement les anciennes pratiques de la banque. Elle refuse en revanche de demander la tête de l'ancien cadre UBS qui siège à la FINMA. «Je suis horrifiée qu'une telle chose ait pu se passer. Ce n'est pas acceptable et c'est même effrayant». Voilà comment la présidente de la Confédération a commenté l'affaire UBS (UBSN 15.03 -1.12%) de manipulation du taux du Libor ce matin à Berne. Elle tenait conférence de presse pour tirer le bilan de son année présidentielle.

La présidente ne charge pas la banque dans son ensemble. «Ce sont des employés de l'UBS qui ont commis cela. On peut cependant regretter qu'il n'y ait pas eu plus de contrôles internes.»

«L'amende est justifiée»

Eveline Widmer-Schlumpf trouve tout à fait justifié le montant de l'amende de 1,4 milliard de francs en regard des infractions commises. Elle demande que les contrôles de la banque soient améliorés pour éviter de nouvelles déconvenues.

Seule note positive qu'elle entrevoit dans cette affaire: les autorités de surveillance des USA, de la Grande-Bretagne et de la Suisse ont bien collaboré ensemble.

L'affaire Branson

En Suisse alémanique, une autre affaire a démarré. Des politiciens PLR et PS réclament la tête de Mark Branson, directeur auprès du gendarme financier suisse, la FINMA. Pourquoi? Parce que l'Anglais officiait à l'UBS Japon lors du scandale du Libor.

Qu'en pense la ministre des Finances? Elle relève d'abord que Branson ne participait pas à la surveillance à la FINMA dans ce cas particulier. Elle ajoute que c'est à l'institut de prendre des mesures si elle estime que sa crédibilité est en jeu.

Widmer-Schlumpf ajoute encore que, de toute façon, c'est le Parlement qui a la haute main sur la FINMA. Elle verrait d'un bon oeil des interventions parlementaires demandant au gendarme financier de faire un rapport sur ce qui s'est passé dans l'affaire UBS.

Mauvais bilan 2012 du Département des finances?

Et le bilan de l'année présidentielle d'Eveline Widmer-Schlumpf? Elle le trouve satisfaisant. Nous lui avons demandé si le bilan de son Département des finances n'était pas mauvais. En effet, les déconvenues se sont succédé: l'Allemagne, le plus grand partenaire de la Suisse, n'a pas signé Rubik; les USA refuse toujours un accord global pour la place financière suisse voulu par la Suisse; et enfin la nouvelle Convention pour la taxation des successions avec la France, paraphée par la ministre, s'est finalement terminée en eau de boudin.

Widmer-Schlumpf demande du temps

La présidente ne voit pas les choses comme cela. Elle souligne que les accords Rubik ont été signés par la Grande-Bretagne et l'Autriche et qu'elle n'y peut rien si l'Allemagne les refuse. Elle déplore qu'il n'y ait pas d'accord global avec les USA ni une nouvelle Convention avec la France mais demande du temps. "Ce ne sont pas des dossiers qui se règlent en une année. On est dans un processus. Il faut montrer de l'engagement et des nerfs".

Imperméable à la critique, elle relativise: «certains m'accusent d'aller trop vite, d'autres trop lentement. C'est toujours comme cela quand on mène des négociations qui impliquent des concessions.»

(Newsnet)

Créé: 20.12.2012, 12h40

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