vendredi 25 janvier 2013

Entre la tête qui dit non et la base qui dit oui, l’UDC hésite

L’UDC Suisse détermine samedi son mot d’ordre pour l’initiative Minder. La direction du parti suisse dit non à Minder. De nombreuses sections cantonales disent oui. C’est la valse-hésitation à l’UDC C’est samedi 26 janvier que l’assemblée des délégués de l’UDC Suisse se prononce sur l’initiative Minder. A Balsthal, dans le canton de Soleure, le père de l’initiative «contre les rémunérations abusives» sera opposé en débat à Christoph Blocher. Le tribun de l’UDC après avoir soutenu Minder pendant longtemps a pris finalement la tête d’un comité des entrepreneurs UDC contre l’initiative. D’ailleurs Thomas Minder n’hésite pas à l'affirmer: «Blocher m’a trahi!»

Difficile à interpréter

Dans ce contexte particulier, le résultat des délégués suisses de l’UDC est attendu. Mais il sera aussi incertain que difficile à interpréter. «Quel que soit le résultat, ce sera serré. Le vote des délégués est une chose, celui des militants une autre. Il serait bien audacieux de tirer une conclusion sur le vote de la base UDC», analyse Yvan Perrin.

Le Neuchâtelois, pour sa part, a décidé de soutenir le contre-projet élaboré par le parlement. «Mais je le fais sans enthousiasme. C’est l’argument de l’immédiateté de la mise en œuvre qui m’a convaincu», affirme le conseiller national neuchâtelois. Ce dernier rapporte également les hésitations de sa section cantonale qui a finalement penché pour le non à Minder.

Ce petit non à Minder de l’UDC Neuchâtel rappelle celui ainsi celui de la section bernoise (164 non contre 116 oui). Les délégués de l’UDC Vaud, Fribourg et Genève disent également non à l’initiative Minder. «A Genève, le non était assez net», explique Céline Amaudruz, la présidente de l’UDC Genève.

Un contexte émotionnel

Mais la conseillère nationale se garde de tout triomphalisme. «Je crains que le oui l’emporte à l’UDC Suisse. Le sujet est complexe. La question de Thomas Minder est bien posée. Spontanément, face aux abus constatés, chacun a envie de dire oui. Expliquer que le contre-projet est une meilleure réponse nécessite des techniques et juridiques que tout le monde n’est pas prêt à entendre dans ce contexte émotionnel», analyse Céline Amaudruz.

Ainsi d’autres sections cantonales de l’UDC ont dit oui au texte de Minder. Mardi dernier, suite également à un débat qui a opposé Thomas Minder à Christoph Blocher, la section argovienne à dit oui à Minder. Mais le score, serré (123 oui contre 119 non), ne permet pas davantage de tirer des conclusions définitives. L’UDC Zurich aussi s’est prononcé en faveur de l’initiative «contre les rémunérations abusives» (119 oui contre 106 non). Tout comme Glaris et le Valais romand.

Mettre au pas la haute finance

Un résultat incertain! Ainsi dans les rangs de l’UDC, de nombreux des ténors du premier parti suisse soutiennent le contre-projet. Mais pas tous. Et notamment pas Oskar Freysinger. Le vice-président de l’UDC Suisse a rejoint, lui, les rangs du comité interpartis pour Minder.

«Je suis de ceux qui pensent que la politique doit avoir les outils pour mettre des garde-fous à l’économie et à la haute finance», estime Oskar Freysinger qui fait de cette votation du 3 mars aussi un scrutin sur la primauté du politique face à l’économie. (Newsnet)

Créé: 25.01.2013, 14h20

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