dimanche 10 mars 2013

Minder s'attaque aux fonctionnaires

Après le succès de son initiative contre les rémunérations abusives dans les entreprises privées, Thomas Minder s’en prend aux indemnités de départ des cadres fédéraux. La chasse aux profiteurs continue. Après le oui massif des Suisses à l’initiative «Contre les rémunérations abusives», Thomas Minder s’en prend au domaine public. Dans sa cible? Les indemnités de départ des hauts cadres de l’Administration fédérale. «Maintenant, c’est à l’Etat d’emboîter le pas», a-t-il déclaré hier dans les colonnes du SonntagsBlick.

A 52 ans, le conseiller aux Etats schaffhousois, sans parti, est bien déterminé à poursuivre son combat. «Les indemnités de départ et les parachutes dorés des directeurs d’office, élus ou juges devront être interdits», soutient-il. Suite à sa victoire du 3 mars dernier, Thomas Minder a reçu bon nombre de félicitations des votants. «Plusieurs m’ont demandé maintenant de m’attaquer aux parachutes dorés totalement incompréhensibles à l’Etat», argumente l’entrepreneur, qui promet que, pour lui, ce n’est qu’une question de temps pour que cela change.

Il est certain d’obtenir le soutien populaire: «Le peuple n’accepte pas les indemnités de départ dans le privé. Le oui à mon initiative l’a démontré. Des indemnités de départ à la Confédération, le peuple en voudra encore moins, j’en suis convaincu», lance-t-il, insistant sur le fait qu’il s’agit de l’argent du contribuable. Thomas Minder prend là le contre-pied du Parlement qui, en décembre dernier, via la commission de gestion, a limité les indemnités de départ à un maximum d’un an de salaire.

Un faux procès

Pour la conseillère nationale Isabelle Moret (PLR/VD), «Minder se cherche un nouveau cheval de bataille. Il doit se trouver une raison d’exister politiquement et médiatiquement. La commission de gestion est là pour veiller aux dérapages. Il peut s’adresser à elle pour signaler des abus.» A gauche, on accueille la proposition avec intérêt: «En effet, l’Etat doit montrer l’exemple. Mais ce qui reste aussi choquant, ce sont les salaires que gagnent les dirigeants des CFF», abonde le conseiller national Jean Christophe Schwaab (PS/VD).

Hier soir, sur la RTS, le PDC valaisan Christophe Darbellay a estimé que «Minder fait un faux procès. Les montants sont relativement faibles, ça ne concerne que six cas par an. La réglementation est très stricte. On n’a pas envie de confier le pays à n’importe qui.»

Pour le président du PDC, Thomas Minder «est depuis dimanche passé auréolé de gloire». Et il fait bien d’en profiter. (Le Matin)

Créé: 11.03.2013, 07h13

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