mardi 21 mai 2013

Les Romands et les urbains sont les moins aptes à l’armée

Le taux d’aptitude au service militaire des jeunes suisses se situe à 62%. La Suisse romande, et le Jura en particulier, font baisser la moyenne. Ainsi que les cantons urbains comme Zurich et Bâle-Ville «Je suis très fier du résultat des Jurassiens!» Pierre-Alain Fridez, conseiller national socialiste jurassien, s’amuse de la place de lanterne rouge suisse qu’occupe son canton. En effet, avec seulement 49,64% de conscrits aptes au service militaire, le Jura est fidèle à sa réputation d’antimilitarisme chevillé au corps. Pour l’année 2012, le taux d’aptitude au service militaire se situe à 62% en moyenne suisse.

Le Jura est donc loin, très loin de certains cantons comme Lucerne (74,6%), Appenzell Rhodes-Intérieures (81,8%) ou Obwald (77,5%) qui présentent des taux d’aptitude de plus de 70%. Et encore assez en deçà de la moyenne suisse de 62%. «C’est culturel. Notre canton n’a jamais très enthousiaste à l’idée de servir cet ordre militaire helvétique, à forte connotation germanique», commente encore Pierre-Alain Fridez.

Un fossé ville – campagne

Les chiffres des conscrits 2012, canton par canton, dessine encore d’autres tendances. Celle d’un fossé Suisse romande et Suisse alémanique. Genève (50,15%), Vaud (56,26%), Neuchâtel (57,14%), ou encore le Valais (51,8%) caracolent en tête d’un classement inversé: celui du peu d’enthousiasme à servir dans l’armée suisse.

Mais un fossé ville – campagne apparaît également à la lecture des chiffres. Aussi Zurich (55,37%) et Bâle-Ville (54,49%) rejoignent les cantons romands dans leur faible taux aptitude au service militaire.

«Dans les villes plus anonymes, la volonté de s’impliquer personnellement dans la collectivité publique a toujours été moindre que dans les milieux ruraux. C’est un constat qui n’appelle pas de ma part de jugement moral, mais il faut bien le constater», analyse Denis Froidevaux. Le président de la société suisse des officiers souligne encore que les taux d’aptitude restent stables depuis quelques années.

La germanisation de l’armée

Par contre, l’officier de milice et grand défenseur de l’armée suisse s’alerte du différentiel entre Alémaniques et Romands. «Pour des raisons budgétaires, un grand nombre d’instructions ne se font plus qu’en Allemand. Cela renforce le sentiment que l’armée s’adresse prioritairement à la Suisse alémanique», regrette Denis Froidevaux.

Du côté de l’Armée suisse, on prend note de ces constats mais on ne les explique pas. «Un sociologue serait plus habilité que nous à commenter le fossé ville-campagne», répond Christoph Brunner, le porte-parole de l’armée suisse.

Et quant à la question de la germanisation rampante de notre armée, là encore, Christoph Brunner botte en touche: «Nous comprenons bien votre interrogation mais nous ne pouvons ni confirmer ni infirmer votre hypothèse. L’armée n’est ni alémanique ni romande, elle est suisse: et donc représentative des populations de notre pays!» (Newsnet)

Créé: 21.05.2013, 15h50

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