dimanche 9 juin 2013

Sommaruga l'emporte sur toute la ligne

Simonetta Sommaruga peut afficher le sourire. La conseillère fédérale socialiste s'est imposée sur toute la ligne dimanche puisque près de 3 citoyens sur 4 ont suivi ses recommandations.Plus de trois quarts des votants l'ont suivie. Les Suisses ont plébiscité les mesures urgentes concernant l'asile et balayé l'élection du Conseil fédéral par le peuple.

En matière d'asile, rien ne va changer. Infligeant une défaite d'une ampleur inégalée aux référendaires, le peuple a simplement entériné a posteriori par 78,5% des voix une révision urgente de la loi en vigueur depuis fin septembre. Tous les cantons ont dit «oui».

Les plus convaincus ont été les citoyens d'Appenzell Rhodes-Intérieures avec 86,8% d'adhésion, les plus réticents les Genevois avec 61,3% de voix. Il n'y a pas eu de «Röstigraben» sur le verdict, mais les Romands se sont montrés un peu moins enthousiastes. Le Valais est le plus favorable à la révision (76,8%). Outre-Sarine, les mesures urgentes ont été plébiscitées presque partout à plus de 80%.

Ce verdict était attendu. Le peuple a jusqu'ici accepté largement tous les durcissements de la loi. Les Jeunes Verts et les quelques ONG à l'origine d'un référendum mollement soutenu par un PS qui l'estimait perdu d'avance n'ont pas réussi à inverser la tendance. Les Suisses ont suivi le Conseil fédéral et les partis bourgeois.

UDC désavouée

L'initiative populaire de l'UDC pour l'élection du Conseil fédéral par le peuple a été balayée par 76,3% des votants. Aucun canton ne l'a acceptée.

Le «non» est particulièrement fort en Suisse romande. Les quatre cantons les plus réfractaires sont le Jura (82%), Neuchâtel (80,8%), Fribourg (80,3%) et Vaud (79,5%). L'initiative a réalisé son moins mauvais score au Tessin (67,8%). Suivent Schwyz (69,6%) et Schaffhouse (70,9%).

Campagnes ruineuses faisant dépendre les candidats de lobbies, personnalisation outrancière aux dépens de la collégialité, conflit entre exécutif et législatif, Tessinois et Romands mis en concurrence: la longue liste d'arguments contre l'initiative a convaincu.

Les tenants du statu quo ont eu beau jeu de dénoncer dans la démarche de l'UDC une réaction à la non-réélection au gouvernement de son mentor Christoph Blocher. En face, la campagne du parti de droite a fait pâle figure. L'UDC n'a en outre pas cherché activement le soutien de la gauche, historiquement favorable à un scrutin populaire.

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