Afin de mieux surveiller les voyageurs qui transitent par l'espace Schengen, Bruxelles veut de mettre en place un système de frontières intelligentes. La Suisse y serait associé.La Commission européenne a présenté jeudi à Bruxelles le projet «frontières intelligentes», auquel la Suisse est associée. Il devrait faciliter l'entrée dans l'Union européenne (UE) des voyageurs en provenance d'Etats tiers et améliorer la surveillance de leurs déplacements à l'intérieur des frontières. «Notre but est de faciliter l'entrée des voyageurs étrangers dans l'UE», a affirmé Cecilia Malmström, commissaire européenne en charge de la sécurité. La modernisation du système garantira également une meilleure sécurité des frontières extérieures de l'espace Schengen. En tant que membre, la Suisse instaurera également ces «frontières intelligentes».
Voyageurs tracés
Ce renforcement est composé de deux volets. Le premier est la mise en place d'un système d'entrée et de sortie. Il remplacera l'actuel tampon à l'intérieur du passeport et permettra de suivre à la trace toutes les personnes entrant dans l'espace européen. Ce système électronique enregistrera la date, le lieu d'entrée et de sortie ainsi que la durée du séjour autorisé d'un voyageur.
Ces données seront mises à disposition des autorités douanières et de la migration et conservées six mois. Si, à la date d'expiration, aucune sortie n'est enregistrée, le système avertira les autorités nationales, précise la Commission. Le sujet est très sensible pour le Parlement européen, qui devra donner son accord.
Le second volet est constitué du programme d'enregistrement des voyageurs. Celui-ci est destiné en premier lieu aux voyageurs en provenance d'Etats tiers, notamment aux hommes d'affaire et aux scientifiques. Ils devront se soumettre à une procédure d'examen préalable.
Un milliard d'euros
Ensuite de quoi ils recevront une carte informatisée qui leur permettra de franchir une barrière électronique dans les aéroports de l'UE. Un passage qui «s'effectuera en quelques secondes», a assuré Mme Malmström. La Commission européenne estime à cinq millions le nombre de personnes qui utiliseront ce programme.
Plus d'un milliard d'euros devront être engagés pour réaliser les investissements nécessaires. Des investissements «lourds en période de contrainte budgétaire», a reconnu la commissaire de la sécurité. «Mais les visiteurs étrangers ont dépensé 271 milliards d'euros lors de leurs déplacements dans l'UE en 2011», a-t-elle souligné.
En cas d'approbation du projet par les Etats et le Parlement, il faudra encore plusieurs années pour mettre en oeuvre ces «frontières intelligentes».
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