dimanche 16 juin 2013

Les ventes à la ferme victimes de leur succès

L'Usam demande à la Confédération d'abolir les privilèges accordés aux agriculteurs pour vendre des produits du terroir.Les ventes directes de produits à la ferme connaissent un boom. Les consommateurs plébiscitent ces produits du terroir qui constituent désormais 12% du marché. Mais ce n'est pas du goût de l'Union suisse des arts et métiers (usam), rapporte la Sonntagszeitung.

L'organisation, qui défend les intérêts des PME accuse les agriculteurs de concurrence déloyale au détriment des commerces de détail de village. Les ventes directes à la ferme permettraient selon l'Usam de pratiquer une politique de prix attractive grâce à toute une série de privilèges. D'après le règlement de la politique agricole 2014-2017, les agriculteurs peuvent exercer des activités dans des zones agricoles selon des conditions exclusives, dont les petits commerces de village sont exclus.

L'association des PME attaque frontalement les agriculteurs. Dans sa réponse à la consultation du projet de loi, elle demande un renforcement des inspections alimentaires les concernant. «Les rythmes de contrôle dans les magasins de village sont plus fréquents et intensifs que ceux effectués dans les fermes», a-t-elle dénoncé dans une lettre. Martine Meldem, propriétaire de la
ferme le Tirage à Apples, ne comprend pas ces revendications. «Nous sommes déjà soumis à un système de contrôle hallucinant comme nulle part ailleurs», commente-t-elle.

Le lobby des PME va encore plus loin dans ses revendications. Il exige aussi que les mentions inscrites sur les produits soient les mêmes, que le produit soit acheté chez l'agriculteur ou dans le commerce du village. «Pour le consommateur, ce n'est pas toujours clair s'il s'agit d'un produit qui vient de la ferme ou d'un produit acheté», argumente-t-il.

Incompréhension

Les défenseurs des magasins de village exigent aussi que ces revenus soient pris en compte dans le calcul des subventions octroyées par l'Etat. Il exige aussi que les agriculteurs qui exploitent une boutique à la ferme soient placés aussi sous le régime du droit du travail, notamment concernant le dimanche.

Le directeur de l'Association suisse des paysans, le conseiller national radical Jacques Bourgeois, ne comprend pas non plus. Selon lui, les agriculteurs doivent déjà se battre avec trop de règlementations. «L'association des commerces devrait plutôt mieux nous aider pour supprimer des prescriptions que d'en rajouter», commente-t-il. Selon lui les boutiques à la ferme sont «une bonne chose qui apporte une valeur ajoutée». Quant à Martine Meldem, elle rappelle exercer une activité que plus personne ne voulait faire il n'y a pas si longtemps.

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