samedi 9 mars 2013

Le Tessin dit au revoir à son trublion Bignasca

Le Tessin a dit au revoir samedi après-midi au défunt président et fondateur de la Lega Giuliano Bignasca. Plusieurs milliers de personnes avaient fait le déplacement à Lugano pour les funérailles d'un des politiciens helvétiques les plus hauts en couleur. Depuis vendredi soir, la dépouille du défunt reposait au siège de la Lega, à Lugano. C'est de là que s'est ébranlée la procession funéraire à destination du cimetière municipal. La ville de Lugano avait invité la population à participer à cette cérémonie par le biais de son site internet, d'où l'importante affluence.

De nombreux politiciens tessinois issus de tous les partis sont venus rendre un dernier hommage au trublion. Parmi eux figuraient des parlementaires fédéraux, dont le sénateur Filippo Lombardi. Quant au Conseil d'Etat du canton latin, il était au complet, tout comme le Conseil municipal de Lugano, dont faisait partie le défunt.


Amis italiens présents

Le président de la région italienne de Lombardie Roberto Maronia a lui aussi participé à la cérémonie. En tant que chef de la «Lega Nord» italienne, il entretenait des relations amicales avec le président fondateur de la Lega tessinoise, comme il l'a expliqué à l'agence de presse transalpine ansa.

Alors que la chapelle ne pouvait contenir que les proches de Giuliano Bignasca et les politiciens les plus éminents, la majorité des personnes présentes ont dû rester sous la pluie. La cérémonie était retransmise par des hauts-parleurs capricieux, ce qui l'a rendue partiellement inaudible. Le politicien a finalement été incinéré en présence de ses proches.

Décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à l'âge de 67 ans, Giuliano Bignasca s'était senti mal après une assemblée de parti. Le lendemain matin, il a été retrouvé sans vie à son domicile. Son décès est probablement dû à un arrêt cardiaque.


Un grand vide

La mort inattendue de Giuliano Bignasca a laissé un grand vide du côté de la Lega, la question de sa succession à la tête du parti étant encore ouverte. «Bignasca était la Lega, la Lega était Bignasca», a déclaré le conseiller d'Etat Marco Borradori au micro de la RSI.

Ce dernier, qui brigue la mairie de Lugano, n'a pas voulu préciser s'il entendait reprendre le rôle de M. Bignasca. «Il est avant tout important que la Lega reste unie», a déclaré Marco Borradori. Le risque de voir le parti s'effondrer sans sa figure de proue semble en effet non négligeable.

Le parti n'a pas convenu d'une structure dirigeante claire, puisque Giuliano Bignasca était le «président à vie». Soudainement établir un comité de parti et une hiérarchie claire est difficilement imaginable, a déclaré le président du Grand Conseil Michele Foletti à la RSI. «Cela ne correspondrait pas au mouvement». Il reste toutefois optimiste quant à l'avenir de la formation.


Porte-parole de papier

Le sort de la Lega pourrait aussi être étroitement lié à l'évolution du journal du parti «Il mattino della Domenica». En grande partie financé par l'entrepreneur Bignasca, celui-ci jouait un rôle de porte-parole pour le parti. Marco Borradori a indiqué vouloir en discuter avec les auteurs du journal, Boris Bignasca et le conseiller national Lorenzo Quadri.

Aucune décision n'a jusqu'à présent été prise dans la course à la succession de M. Bignasca au Conseil municipal de la ville de Lugano. Michele Foletti devrait théoriquement occuper le poste jusqu'aux élections du 14 avril prochain, mais il préférerait laisser le siège vacant, a-t-il indiqué.

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