Il a en revanche accepté le contre-projet qui va dans le même sens.Le Grand Conseil tessinois a rejeté mercredi, au terme d'un débat fleuve, l'initiative populaire constitutionnelle qui demande l'interdiction de porter la burqa ou le niqab au Tessin. Le souverain devra donc se prononcer aussi bien sur l'initiative, qui a recueilli plus de 11'000 signatures, que sur le contre-projet. Celui-ci a été approuvé par 41 voix contre 25 et 15 abstentions, celles de la gauche.
Inscription dans la constitution
Il propose une alternative à l'initiative déposée en mai 2011 par l'ancien député Giorgio Ghiringhelli du mouvement «Il Guastafeste» (Le trouble-fête). L'initiative demande que «l'interdiction de se masquer le visage dans les lieux publics», en référence notamment au port de la burqa et du niqab, soit inscrite dans la constitution cantonale.
Le gouvernement a été d'avis que la loi sur l'ordre public notamment, et non la constitution, doit être modifiée. Le contre-projet prévoit aussi une interdiction de se masquer le visage dans les lieux publics, mais sans faire référence à la burqa ou au niqab. Les deux textes - initiative et contre-projet - seront soumis au vote populaire en septembre prochain.
Clairement islamophobe
Exception faite de la Lega et de l'UDC, les principaux partis siégeant au Parlement cantonal ont rejeté l'initiative. Pour le PLR, le PDC, les Verts et le PS, l'interdiction du port de la burqa, pratiquement inexistante au Tessin, pourrait être ressentie comme un acte d'intolérance et est clairement «islamophobe», comme l'a relevé le démocrate-chrétien Alex Pedrazzini.
Il a également souligné «le risque d'isoler encore les rares musulmanes qui se voilent entièrement la face.» L'ensemble du Parlement est parvenu à la conclusion que l'interdiction du port de la burqa et du niqab «ne résoudrait en rien les problèmes de sécurité que connaît le canton» et ne doit donc pas être inscrit dans la constitution.
A propos de sécurité, la députée des Verts Michela Delcò Petralli a déclaré que «les armes que les Suisses conservent chez eux et les violences domestiques sont des violations bien plus graves à l'ordre public que le fait de sortir voilée».
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