La terre tremble à maintes reprises en Valais, dont hier matin encore. Un nouveau concept catastrophe pour y faire face est aujourd’hui en consultation. On est loin de la faille de San Andreas, sur la côte ouest des Etats-Unis, où l’on craint un nouveau «Big One», un séisme dévastateur comme déjà survenu en 1906 à San Francisco et en 1994 à Los Angeles. Pourtant, le Valais se prépare aussi à son «Big One», lui qui figure, avec Bâle et les Grisons, «parmi les cantons les plus actifs de Suisse en matière de tremblements de terre», comme le relève Stephan Husen, du Service sismologique suisse. En témoignent les récentes secousses, soit une septantaine enregistrée ces derniers mois dans le canton, ainsi qu’hier matin encore à Champéry et au Sanetsch (voir infographie). L’une d’elles, avec une magnitude de 2,4, a même été ressentie jusqu’à Sion.Si le phénomène est connu, il n’en demeure pas moins très difficilement explicable. Pourquoi le Valais? Et pourquoi cette succession de secousses? «Nous ne pouvons pas y répondre précisément, même si les successions de secousses sont courantes», remarque Stephan Husen. «Nous savons en revanche que ces tremblements de terre sont liés aux mouvements à grande échelle des plaques continentales africaine et européenne. La collision de ces dernières est à l’origine de la formation des Alpes, phénomène toujours à l’œuvre aujourd’hui.» En Valais tout particulièrement, où la dernière grande secousse, d’une magnitude de 6,1, a été enregistrée en 1946 à Sierre, causant la mort de quatre personnes et d’importants dégâts. Et se faisant ressentir dans l’ensemble de la Suisse, ainsi que dans les pays voisins.
Eviter le drame de l’Italie
Le Valais doit-il dès lors craindre un nouveau séisme du genre? «Oui, mais il nous est impossible de prévoir quand il surviendra ni de situer son épicentre», nous répond Stephan Husen. De leur côté, les spécialistes de la sécurité civile du canton savent, eux aussi, qu’un nouveau tremblement de terre de ce type peut frapper le Valais. Selon Claude-Alain Roch, à la fois président de l’Observatoire valaisan des risques et chef de l’Office cantonal de la protection de la population, «ce genre de séismes se produit une génération sur trois». Soit tous les 90 à 100 ans.
Comment se prépare alors le Valais pour y faire face? «Un tout nouveau concept cantonal vient d’être élaboré pour préparer les interventions en cas de tremblement de terre majeur: le COCPITT, qui est aujourd’hui en consultation auprès du Conseil d’Etat», nous explique Claude-Alain Roch. Plus concrètement, ce concept s’inspire des conséquences subies par la population italienne lors des violents séismes survenus l’an dernier. «Nous ne voulons pas vivre cela, et avons donc axé les interventions de ce concept essentiellement sur la sensibilisation, la protection et le sauvetage de la population. Il s’agira de lui garantir un hébergement, ainsi que toutes les infrastructures vitales en cas de séisme majeur.»
Reste que le Valais a encore du pain sur la planche pour se prémunir. Et reste à la traîne avec seul un quart de son patrimoine bâti qui répond à ce jour aux normes antisismiques. (Le Matin)
Créé: 17.04.2013, 14h02
0 comments:
Enregistrer un commentaire