Le magazine de droite a violé l'éthique journaliste en revenant sur des faits remontant à des décennies.La «Weltwoche» est allée trop loin dans sa manière d'évoquer le passé du rédacteur en chef du «Tages-Anzeiger» Res Strehle. Selon le Conseil de la presse, elle a violé l'éthique journalistique en présentant le principal intéressé comme un ancien activiste de gauche proche des milieux terroristes. S'il existe un intérêt public à éclairer le parcours du rédacteur en chef d'un journal important, il faut aussi respecter le principe de proportionnalité et la protection de la personnalité. Dans ces domaines, le magazine de droite «a failli», a déclaré jeudi le vice-président du Conseil de la presse Max Trossmann face aux médias réunis à Zurich.
Le 7 février dernier, la «Weltwoche» a reproché à Res Strehle d'avoir entretenu dans sa jeunesse des contacts «avec des poseurs de bombe et des extrémistes de gauche» et d'avoir fait partie d'un mouvement de «violence et de terreur». Des photos prises entre 1980 et 1984 par la police accompagnaient l'article. L'une d'entre elles montre Res Strehle en tant que squatteur évacué à Zurich.
Une semaine plus tard, le magazine a publié un second article du même genre. Res Strehle s'est plaint un mois plus tard auprès du Conseil de la presse, estimant que la «Weltwoche» l'avait diffamé.
Violation de la sphère privée
Dans sa décision, l'instance de contrôle de la déontologie journalistique estime que la «Weltwoche» a violé la sphère privée en publiant des photos de police d'il y a 30 ans. Le magazine a aussi violé le devoir de vérité en n'étayant pas par des faits le soi-disant soutien de Res Strehle au terrorisme d'extrême-gauche. Il n'a fait qu'insinuer sans apporter de preuve.
Enfin, la «Weltwoche» n'a soumis à Res Strehle ses graves reproches remontant à trois décennies que quelques heures avant la clôture de l'édition. Pour le Conseil de la presse, une telle méthode n'est «pas admissible». En lui présentant ses accusations, le magazine aurait en outre dû au moins nommer les occupants du squat, dont les activités terroristes étaient soi-disant connues de Res Strehle.
La «Weltwoche» n'a en revanche pas porté atteinte à la loyauté dans ses recherches et dans l'acquisition des photos de la police. Selon le Conseil, elle n'a pas incité des tiers à violer le secret de fonction.
Record
En 2012, le Conseil de la presse a enregistré 95 plaintes. Il a en outre publié un nombre record de prises de position: 78. La plupart des reproches qu'il a formulés l'an dernier concerne la violation de la sphère privée et la déformation des faits.
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