samedi 6 juillet 2013

Le docteur Albert Schweitzer célébré au Gabon

Le célèbre docteur suisse Albert Schweitzer est célébré ce week-end au Gabon pour avoir soigné il y a un siècle déjà des milliers de patients dans son hôpital de Lambaréné. Un siècle après son arrivée en pirogue au coeur de la forêt équatoriale, le docteur Albert Schweitzer jouit encore d’un grand prestige au Gabon. Il y est célébré ce week-end en grande pompe pour avoir soigné des milliers de patients dans son hôpital de Lambaréné.

Plusieurs dizaines de personnalités étrangères, parmi lesquelles la ministre française déléguée à la Francophonie Yamina Benguigui et le biologiste français et Prix Nobel de médecine Luc Montagnier, participaient samedi à Lambaréné, dans l’ouest du Gabon, aux célébrations du centenaire du débarquement du «Grand blanc».

«Tous les Gabonais sans exception connaissent le Dr Schweitzer!», a assuré le pasteur Victor Bekale Be-Nang, 93 ans, qui fut ami avec lui. Dans le salon du vieil homme, le portrait du médecin alsacien trône sur un buffet à côté de celui du défunt président Omar Bongo.

Schweitzer et son épouse ont débarqué sur les rives du fleuve Ogooué envahies par les moustiques, dans ce qui était alors l’un des territoires les plus sauvages de l’empire colonial français, à 250 km de Libreville. A son arrivée à Lambaréné, la mission protestante d’Andende a mis à sa disposition un vieux poulailler que le médecin transforma en salle d’opération.

«Il utilisait de l’éther pour endormir ses patients, s’amuse le chirurgien Alain Deloche, petit neveu de Schweitzer, en visitant l’ancien hôpital. »Il a amené l’anesthésie pour la première fois ici. Les Gabonais étaient très étonnés, ils appelaient ça ’la petite mort’ parce qu’ils se réveillaient après«, explique-t-il.

Un documentaire en anglais consacré au docteur:

Les gens arrêtaient de mourir

Le modeste dispensaire deviendra au fil des ans un hôpital-village de bois, de tôle et de torchis dans lequel vécurent les familles du personnel soignant. Le docteur Schweitzer (1875-1965) y recevra des milliers de patients atteints de maladies tropicales (paludisme, tuberculose ou maladie du sommeil) jusqu’à sa mort en 1965.

»Le docteur acceptait de soigner tout le monde, et les gens ont arrêté de mourir«, se souvient Marie Mifoume, qui l’a connu lorsqu’elle était enfant. Elle a passé toute sa vie dans la léproserie créée par le Docteur Schweitzer avec l’argent du prix Nobel de la paix reçu en 1952 (33’000 dollars à l’époque).

Côtés sombres

Cependant l’héritage du »Grand blanc de Lambaréné« reste controversé, certains dénonçant son attitude autoritaire et paternaliste envers ceux qu’il appelait les »indigènes«. »Il était sévère. Quand le travail était mal fait, il pouvait entrer dans de grandes colères«, reconnaît le vieux pasteur Bekale Be-Nang, qui fut longtemps aumônier à l’hôpital Schweitzer.

Marie Mifoune, elle, n’a retenu qu’un trait négatif du docteur Schweitzer: »Il était dur pour l’argent«. »Quand il nous soignait, il ne demandait pas d’argent, il nous demandait de l’aider. J’ai travaillé dans sa maison, je repassais, je faisais la vaisselle, mais il ne m’a jamais payée«, a expliqué la vieille femme.

Pour financer les activités de l’hôpital, Albert Schweitzer retournait fréquemment en Europe où il donnait conférences et récitals d’orgue. Ses relations mondaines lui seront aussi d’un grand secours. Les fonds lui permettront d’agrandir l’hôpital, qui pourra accueillir jusqu’à 500 lits. (ats/afp/Newsnet)

Créé: 06.07.2013, 14h16

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