Le Valaisan Bastien Zufferey a obtenu la note maximale aux examens dans toutes les matières. Son secret: bosser. Sa seule passion est la recherche de la perfection. «Pour moi, c’est inconcevable de ne pas être parfait. Je ne peux pas me présenter à un examen si je n’ai pas la sensation de pouvoir faire 6!» Le mot «surdoué» pourrait avoir été inventé pour lui. Pourtant Bastien Zufferey, 19 ans, le réfute énergiquement. Cet élève du collège sédunois des Creusets, qui a aligné les 6 sur 6 lors la maturité 2013, lui en préfère trois autres. Lesquels forment une sorte de mantra dans sa bouche: «Rigueur, discipline et travail.» Ses quatorze 6 obtenus dans des matières aussi diverses que la philosophie, les mathématiques ou l’anglais, c’est à un quinzième 6 qu’il les doit: celui du nombre d’heures passées quotidiennement à étudier. Sans exception tous les soirs de 17 h à 23 h «dont beaucoup de par cœur», voilà son secret.Point «faible»: 5 en sport
«La facilité, je n’y crois pas trop. Personne n’est prédestiné à être fort en dissert ou en maths. Si je faisais un test de Q.I., j’obtiendrais probablement le même résultat que vous.» Le jeune Sierrois assène le propos en nous montrant le petit bureau où il a fomenté son exploit en binôme assisté de son chat persan «Cayenne» et d’une radio musicale judicieusement sélectionnée. Le cuir du siège donne des signes de faiblesse, témoignant des heures innombrables passées à s’y bouger les fesses. Et l’ordre, teinté de maniaquerie, régnant dans le reste de la chambrette témoigne du perfectionnisme de son propriétaire. Lequel, en plus d’être ultraorganisé, est curieux. Du genre à checker un mot dans le dictionnaire et à en ressortir avec la définition de dix autres en tête.
«Ce n’est pas la première fois que je faisais de bons résultats», glisse-t-il comme une confidence en nous montrant son certificat de maturité. On s’en serait douté! Aussi loin qu’il s’en souvienne, le jeune homme a toujours été premier de classe. En cinq années de collège, il a obtenu une écrasante majorité de 6, pas mal de 5.5 et pour le reste une poignée de 5. «Environ un par année», tempère-t-il. Lesquels furent systématiquement assortis d’une remarque un brin dépitée du professeur concerné. «C’était parfois un peu pesant car j’avais du coup l’impression de devoir étudier pour ne pas les décevoir. Quand j’avais un examen de prévu, je révisais au minimum une semaine à l’avance sinon je ne serais pas arrivé à dormir.» Le point faible du longiligne jeune homme de 1,80 m, c’est évidemment le sport. Une discipline ne comptant pas pour la matu et dans laquelle il a tout de même obtenu un 5 plus qu’honorable.
Son «Poulidor» pas rancunier
Cette potentiellement crispante perfection n’a pas valu d’inimitiés connues à Bastien. Pas même celle du malheureux Poulidor de sa classe qui, lui, n’a obtenu «qu’une» moyenne de 5.7 à sa matu. «Peut-être certains ont-ils voulu m’étrangler, plaisante le gymnasien, mais ils ne l’ont manifestement pas fait. J’ai plutôt reçu plein de félicitations. Mes camarades sont contents pour moi.» La mère de Bastien, secrétaire, est évidemment dans les mêmes dispositions. Tout comme son papa qui, lui, officie comme directeur chez Schindler Valais, et il lui a offert une semaine en Corse pour fêter son succès. L’année prochaine, ils enverront leur fils étudier à l’Uni de Saint-Gall, où il se spécialisera probablement en économie d’entreprise. Pour s’y préparer, le jeune homme passera sept semaines à fluidifier son allemand à Munich. «Je ne me suis pas encore fixé d’objectif pour l’Uni, à part celui de réussir mon année. Mais si c’est possible de faire des 6, je le ferai!» (Le Matin)
Créé: 06.07.2013, 15h10
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